Électricité : «L’effet Lom Pangar» se profile à l’Est

 

En procédant au lancement des travaux de construction de l’usine de pied du barrage, le 20 septembre dernier sur le site éponyme, Gaston Eloundou Essomba annonce la fin du calvaire des populations de la région.

«Le barrage de Lom Pangar va rendre l’électricité si bon marché que seuls les riches pourront se payer le luxe d’utiliser des bougies». Plus qu’une parodie, la phrase de Gaston Eloundou Essomba a le don d’accompagner le vœu de toute la région de l’Est-Cameroun. Le 18 septembre 2018, une coupure d’énergie survenue en début de soirée réveille le souvenir de la grogne du 18 juillet dernier à Bertoua. «On ne sait pas ce qui se passe avec notre courant, c’est encore un 18 que ça se coupe», remarque Anselme Mboagké, un habitant du quartier Nkolbikon. Sidonie, son épouse, est désabusée face aux lenteurs. «Cela fait plus d’un an après la pose de la première pierre de la centrale (juillet 2017, NDLR) et la mise en service du barrage de retenue (réceptionné en juin 2017, NDLR), c’est trop!», peste-t-elle.

Réalité

Si les profanes ne comprennent pas grand-chose à la situation, des informations livrées par le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minée) sont formelles : l’Est est alimenté par six centrales thermiques constituant un réseau autonome. La plus importante des centrales thermiques a une puissance de 16 MW et dessert les villes de Bertoua, Abong-Mbang, Batouri et Belabo. Les autres villes de l’Est sont alimentées par des centrales dites isolées. Toutes ces centrales thermiques fonctionnent au gasoil. Les difficultés liées à l’approvisionnement en gasoil de cette centrale ont induit des perturbations dans la fourniture de l’énergie aux populations de l’Est du Cameroun au cours de ces derniers jours. Le réseau connaît un déficit d’environ 04 MW sur une demande de 12,4 MW, informe-t-on. En termes de coût, la centrale de Bertoua consomme 40 mille m3 de gasoil par jour, ce qui coûte au moins 20 millions F Cfa.

En qualité et en quantité

Comme solution envisagée à moyen terme pour renforcer la puissance installée dans cette région, le gouvernement mise sur «l’effet Lom Pangar». Ce 20 septembre 2018, le Minée préside la cérémonie de lancement des travaux de construction de l’usine de pied Gaston Eloundou Essomba rassure: «Ce barrage permettra d’injecter dans le réseau interconnecté Sud, au moins 80 MW de puissance supplémentaire et contribuera à fournir permanemment à toutes les populations de la région de l’Est une électricité de qualité et en quantité». Tous les obstacles sont levés pour un démarrage immédiat des travaux et leur poursuite jusqu’à la mise en service complète de l’usine. D’ores et déjà, 4 milliards F CFA sont débloqués. L’argent, apprend-on, représente l’avance de démarrage des travaux, conformément aux exigences des bailleurs de fonds.

Chronogramme

Selon Gaston Eloundou Essomba, une partie importante du matériel (équipements de commande, la salle de commande, turbines, etc.) devant servir à la construction de l’usine est en cours de fabrication en Chine. Il s’agit pour le constructeur China Camc Engineering de gagner en temps pour tenir les délais contractuels. D’après l’échéancier validé par les parties impliquées, toutes les conditions sont réunies afin de livrer l’usine. La mise en service du poste évacuateur devrait avoir lieu dans environ 24 mois (septembre 2020), la première turbine livrée dans 26 mois (novembre 2020), et la quatrième dans environ 32 mois (vers avril-mai 2021).

Les financements viennent de la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC). Ces deux organismes bancaires mettent 30 milliards et 9 milliards de F CFA respectivement pour l’usine de pied et la ligne HT de 90 Kv. A terme, l’énergie de la centrale sera acheminée dans le chef-lieu de la région de l’Est. Ce sera via une ligne haute tension de 90 kilovolts (kV) de 105 à 120 kilomètres de long, ainsi qu’un poste de transformation 90/30 kV prévu à Bertoua.

Jean René Meva’aAmougou,

envoyé spécial à Lom Pangar

Eau potable 

A l’Ouest, ça coule de source pour la Can 2019

Retenue pour abriter une partie de l’événement sportif continental programmé l’année prochaine au Cameroun, la capitale régionale de la région de l’Ouest est désormais connectée au réseau moderne de distribution de la précieuse denrée.

 

A Bafoussam, Baham, Bandjoun, Bayagam, Dschang, Bangou, Mbouda… le recueil des plus sombres histoires rapporte la vie des populations assoiffées du fait du manque d’eau potable. Pour leurs besoins domestiques, elles utilisaient l’eau de pluie, l’eau des sources, des cours d’eau et celle recueillie à partir de puisards traditionnels. La situation est restée si longtemps préoccupante que les habitants de ces localités ne savaient plus s’il fallait en rire ou en pleurer. Ce 17 septembre 2018, une formidable clameur retentit à Banka et à Penka-Michel.

Entendue aux quatre coins de la région de l’Ouest, elle fait écho de la mise en service officielle de deux stations de traitement d’eau potable dans chacune desdites localités. L’événement laisse deviner la grandeur des attentes. Bernard Djeuga (maire de Banka) et Jean-Pierre Tsiaze Fogang (maire de Penka-Michel) trinquent ensemble autour d’un verre d’eau potable, au nom de leurs populations. Pour le premier, «il est louable d’avancer que pour la Can 2019, l’eau qui sera servie lors de la compétition vient de Banka». Le second qui s’interrogeait sur la disponibilité de l’eau potable pendant le tournoi, valide que «la réponse coule de source désormais».

Importance

Dans leurs discours, les deux édiles soulèvent deux problèmes : les difficultés d’accès à l’eau et sa mauvaise qualité dans les hôtels retenus pour l’hébergement des sportifs et des officiels de la Can 2019. Tout pour justifier le périple express de Gaston Eloundou Essomba sur les sites de captage et de traitement d’eau. Ces infrastructures de pointe, dit le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minée), permettront de gagner le pari de la qualité et de la quantité de l’eau lors de cet événement d’envergure. Avant et pendant celui-ci, indique le membre du gouvernement, un supplément de 2 000 m3 d’eau potable sera mis à la disposition de 60 000 habitants. L’objectif à terme étant d’atteindre un taux de desserte de 85 % d’ici 2032 dans les villes de Bafang et de Banka.

Quant à l’aménagement mis en service à Penka-Michel, il est destiné à cinq villes (Bafoussam, Bandjoun, Baham, Bangou et Bayangam) de jouir d’un système complet, autonome et moderne d’alimentation en eau potable. À la clé, un enjeu : «permettre aux nombreuses structures de ces localités de gagner leur Can grâce à un service de qualité dans les douches et piscines», plaisante Gaston Eloundou Essomba.

Axes de priorité

Selon le Minée, cela fait partie des priorités des pouvoirs publics. Ceux-ci, explique-t-il, ont lancé le projet «Alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu semi-urbain». Inscrite également au rang des priorités, la Can 2019 se greffe inévitablement dans l’opérationnalisation dudit projet. D’où le pactole accordé à ce dernier par le gouvernement camerounais et la Banque africaine de développement (BAD): 1 070 81 616 de francs CFA hors taxe pour la station de traitement d’eau de Banka.

Celle de Penka-Michel a été financée, apprend-on, par l’Etat du Cameroun et Eximbank de Chine à hauteur de 41 545 210 040 francs CFA. Dans leur déroulé, les travaux ont été déclinés en plusieurs volets. Entre autres, on parle de l’extension de la station de traitement d’eau de la Méctché; l’extension de la station de pompage de Bandjoun et la construction d’un réservoir de 300 m3 dans la même ville; la construction d’un château d’eau à Bafoussam.

Jean René Meva’a Amougou

Eau et Energie 

Le bilan élogieux d’un septennat

Le catalogue des réalisations montre l’attention portée à ces deux secteurs par le président Paul Biya tout au long de son mandat qui s’achève. 

«II a fait un pari. Il l’a tenu». Les mots sont de Gaston Eloundou Essomba. À Penka-Michel (région de l’Ouest), ce 17 septembre 2018, le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minée) choisit de partager son ressenti par rapport à l’action du président Paul Biya. Selon le membre du gouvernement, le septennat qui s’achève a été tout au bénéfice du secteur dont il a la charge. L’œil avisé du Minée s’arrête sur trois domaines : l’approvisionnement en eau potable, l’énergie électrique, ou les produits pétroliers et gaz.

I- Approvisionnement en eau
De façon significative, les actions du chef de l’État durant ce septennat finissant ont permis d’améliorer l’offre globale en eau potable en milieu urbain et péri-urbain. Les résultats chiffrés affichent notamment :
– Un accroissement de la capacité de production. Celle-ci s’est accrue de 498 936 à 731 080m3/jour, soit une progression de 31%;
– 1 620 000 mètres linéaires de conduite de distribution ont été posées, soit une progression de 23,79% durant tout le septennat;
– le nombre de nouveaux abonnés s’est établi à 155 984, soit une progression de 31.56%.
En zone rurale, on peut noter plus de 2000 forages équipés de pompes à motricité humaine construits.
Outre Douala et Yaoundé, d’autres interventions de l’État visant à améliorer l’accès à l’eau potable ont concerné d’autres grandes villes et centres secondaires. Ces interventions ont couvert plus de 75 localités.

II- Electricité
Le deuxième septennat du président Biya a permis d’accroître l’offre énergétique d’environ 550 MW. La puissance installée est passée de 900 MW au début du septennat à 1442 MW à sa fin, soit plus de 60% de la capacité installée au début du septennat. Cette augmentation de notre capacité installée s’est faite avec la construction des ouvrages énergétiques à savoir:
1. le Programme Thermique d’Urgence (PTU) constitué des centrales thermiques d’Ahala (60 MW), de Mbalmayo (10 MW), d’Ebolowa (10 MW), et de Bamenda (20MW) ;
2. la centrale thermique à gaz de Kribi (216 MW) ;
3. le barrage hydroélectrique de Lom Pangar avec son réservoir de 6 milliards m3 d’eau;
4. l’aménagement hydroélectrique de Memve’ele (211 MW);
5. l’aménagement hydroélectrique de Mekin (15 MW).

A. Offre énergétique
1. Centrale thermique à gaz de Kribi
La construction de cette centrale thermique à gaz a eu pour effet l’augmentation de l’offre énergétique du Réseau Interconnecté Sud (RIS), et dont l’impact a été: la baisse du déficit énergétique ; la réduction des délestages ; la diminution de la sollicitation des centrales thermiques à fuel lourd.

2. Programme thermique d’urgence (PTU)
Le programme a été mis en place par deux composantes: la composante 1 (40 MW), ayant permis la construction des centrales thermiques de Bamenda, Mbalmayo et Ebolowa ; la composante 2 (60 MW), ayant permis l’acquisition de la centrale thermique d’Ahala. La mise en place de ce programme a permis de réduire le déficit énergétique des productions hydroélectriques en période d’étiage dans le RIS.

3. Projet d’aménagement hydroélectrique de Lom Pangar
L’aménagement hydroélectrique de Lom Pangar est un barrage réservoir de 6 milliards de m3, permettant la régularisation du débit d’eau du fleuve Sanaga en période d’étiage au bénéfice des centrales hydroélectriques situées en aval dudit barrage. L’impact de Lom Pangar ou «effet Lom Pangar» permet aux aménagements de Song Loulou et Edéa de produire en pleine capacité, soit une augmentation de 170 MW, en période d’étiage sans investissement supplémentaire sur les équipements.

4. Projet d’aménagement hydroélectrique de Memve’ele
La mise en service de ce barrage, qui interviendra d’ici la fin 2018, permettra ainsi d’accroître l’offre énergétique du Réseau Interconnecté Sud (RIS). Par conséquent, la réduction du déficit énergétique dans le RIS fera une économie dans l’enveloppe financière destinée à l’achat du fuel d’autre part.

5. Projet d’aménagement hydroélectrique de Mekin
La mise en service de ce barrage est prévue au plus tard à la fin du mois de décembre 2018. Mekin devra résorber le déficit énergétique, garantir la stabilité de fonctionnement de la partie australe du Réseau Interconnecté Sud (RIS), et assurer le fonctionnement en îloté notamment l’alimentation des arrondissements de Bengbis, Meyomessi, Djoum, Mintom, Oveng et environs (Endom, Somalomo, Mvangan et Nkolmetet, entre autres).

B- Accès à l’électricité
Le septennat finissant a permis d’augmenter le taux d’accès à l’électricité des populations, avec le raccordement de plus 400 000 abonnés supplémentaires. Le nombre d’abonnés est passé de 800 000 au début du septennat, à 1 200 000 à la fin du septennat, soit une augmentation de 50%. De plus, au cours de ce septennat, les populations n’ont connu qu’une seule augmentation du tarif de l’électricité en 2012. Depuis lors, ce tarif est resté constant, car l’Etat a consenti de compenser toute augmentation des tarifs.

Par ailleurs, dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des populations en milieu rural, le projet d’électrification de 166 localités par systèmes solaires photovoltaïques est mis en place. Il consiste à la construction de 166 centrales solaires de différentes capacités, des réseaux de distribution associés à la réalisation de 22 240 branchements. Ce projet permet de booster les activités économiques des différentes localités bénéficiaires à travers l’apport de cette source d’énergie propre aux écoles, centres de santé, commerces, unités de transformation agricole…

Les élèves et autres étudiants de ces zones peuvent désormais profiter de cet éclairage favorable pour l’amélioration de leur rendement scolaire. Les populations s’adonnent davantage aux activités créatrices de revenu du fait de cette commodité.

III-Secteur pétrolier et gazier aval
Tout au long de ce septennat, les approvisionnements en produits pétroliers ont été réguliers et sans rupture sur l’ensemble du territoire national. La consommation globale est passée de 1 499 535 m3 en 2011 à environ 1 900 000 m3 en 2018 pour les produits liquides, soit un accroissement de 27% sur le septennat. Concernant le gaz domestique, l’accès des populations à cette source d’énergie moderne de cuisson a été amélioré avec une consommation passée de 67 000TM (tonnes métriques) en 2011 à près de 110 000 TM en 2018, soit un taux de croissance moyen de 9% par an et 64% pour l’ensemble du septennat qui s’achève.

Cette augmentation substantielle des approvisionnements du pays en produits pétroliers et en gaz domestique a été favorisée notamment par les projets suivants :

• l’extension et de la modernisation de la SONARA ;
• la construction des nouvelles capacités de stockage ;
• la valorisation de nos ressources gazières ;
• la construction des nouvelles stations-service tant en zone urbaine qu’en zone rurale ;

L’une des grandes innovations du septennat dans le secteur gazier aval a consisté en la construction et l’exploitation depuis 2017 d’une usine flottante de liquéfaction du gaz naturel aux larges de nos côtes à Kribi. Elle permet de poursuivre la valorisation de nos ressources gazières, notamment celles du champ de SANAGA-SUD, à hauteur de 500 BCF (Billion Cubic Feet) de gaz naturel, soit environ 14,16 milliards de m3. La production annuelle de gaz naturel est de 1,2 million de tonnes par an.

Un centre de traitement de gaz a été également construit à BIPAGA et permet une production de 30.000 TM de GPL par an. Deux sphères de stockage de 500 TM chacune ont été construites à BIPAGA avec un poste de chargement camions citernes pour l’approvisionnement du centre d’enfutage de la SCDP de Yaoundé.

Ce projet a généré 200 emplois directs et 1 000 emplois indirects. D’une manière générale, dans le secteur pétrolier et gazier aval, les réalisations du septennat en achèvement ont eu les principaux impacts ci-après :

a. la poursuite de la modernisation de la SONARA a permis d’améliorer la sécurité des approvisionnements en produits pétroliers pour les populations avec un accroissement de 27% pour le septennat ;

b. les capacités de stockage des produits blancs ont connu une augmentation de 14% durant le septennat ;
c. les capacités de stockage du GPL ont connu une amélioration de 109% durant le septennat, avec une augmentation des consommations de 64% ;

d. l’amélioration du taux d’accès des populations au gaz domestique a permis de réduire la déforestation liée à la coupe de bois de chauffage, permettant également de préserver les femmes et enfants des maladies respiratoires résultant des fumées générées par le bois de feu;

e. le nombre de stations-service est passé de 526 en fin 2011 à 814 en 2018, soit une augmentation du taux de desserte des populations de 55%;

f. la lutte contre la fraude des produits pétroliers par le marquage chimique institué en 2011 a permis de réduire le taux de fraude de 36% en 2011 à 1,6% en 2018, avec une amélioration nette des recettes fiscales.

Source : Ministère de l’Energie et de l’Eau

Bobo Ousmanou

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