Electricité : Pourquoi Actis veut quitter Eneo

Le fonds d’investissement britannique est mal à l’aise avec l’entrée en scène de la Sonatrel dans le transport de l’énergie électrique.

L’information est contenue sur le site jeuneafriquebusinessplus.com. Dans sa livraison du 5 juillet 2019, le journal annonce que Actis, le propriétaire d’Eneo Cameroon S.A. avec 56 % des parts, est à la recherche d’un repreneur pour ladite entreprise. D’ores et déjà, lit-on dans les colonnes du même journal, des prétendants ont commencé à se pointer. Le nom de l’Angolais Aenergy est cité comme le premier à s’intéresser à l’affaire. À en croire jeuneafriquebusinessplus.com, il est venu prendre le pouls de la faisabilité de l’opération.

Antécédents
Pour le moment, aucun commentaire de la part de la direction générale d’Eneo Cameroon S.A. n’a été rendu public. Entre temps, l’heure est à l’interprétation des désaccords survenus l’an dernier entre le gouvernement camerounais et la partie britannique. Objet de la mésentente : le transfert à la Sonatrel (Société nationale de transport d’électricité) des actifs de transport d’énergie électrique.

Selon une source proche du dossier, Paul Owers, le responsable juridique de Actis, avait alors signifié la désapprobation de l’actionnaire au ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee). À travers un e-mail adressé à Gaston Eloundou Essomba, révèle notre source, Paul Owers martelait l’opposition de Actis à toute tentative de résiliation de contrat de transport d’électricité au profit de la Sonatrel. Dans sa posture radicale, Actis était d’autant plus conforté qu’il bénéficiait du soutien de certains bailleurs de fonds (Banque mondiale, SFI, AFD et Proparco). Au nom du Foreign Office, le ministère britannique des Affaires étrangères, des émissaires de la Couronne étaient même venus à Yaoundé, espérant obtenir le recul des autorités locales et la prise en compte des indemnités.

Des réclamations inacceptables pour Yaoundé, qui campe sur un article du décret de création de la Sonatrel excluant explicitement le paiement d’une quelconque indemnité. Cette passe d’armes n’est que le dernier avatar d’un conflit larvé qui a pour objet le renouvellement du contrat de concession d’Eneo, dont le mandat s’achève en 2021.

Jean-René Meva’a Amougou

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