Élections générales en Afrique du Sud : Victoire et régression pour l’ANC

Le parti historique de Nelson Mandela remporte la majorité absolue aux élections législatives et provinciales, mais connaît un recul très important avec l’émergence des partis des extrêmes.

Malgré une victoire certaine aux élections générales, l’African National Congress (ANC) enregistre le score le plus faible en 25 ans de pouvoir. L’ANC du président Cyril Ramaphosa se dirige vers une victoire à moins de 60% des suffrages selon les tendances de dépouillement. Mathématiquement, cette avance confortable, qui équivaut à une majorité absolue à l’Assemblée nationale, permet au parti du black empowerment d’assurer un mandat entier au président sud-africain.

Contre performance
En comparaison au scrutin de 2014, l’ANC enregistre un recul de cinq points, la performance la plus basse depuis sa prise de pouvoir.

En deuxième position arrive l’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition, avec un score décevant de 20,6 % des voix, en nette baisse par rapport à celui de 2014 (22,2 %). Le parti de gauche radicale dit des combattants pour la liberté économique, du transfuge de l’ANC Julius Malema, arrive en troisième position. Gagnant 4 points par rapport aux dernières législatives, le parti de Julius Malema se renforce sur l’échiquier politique, profitant d’un taux de chômage à 27%, d’un niveau de pauvreté élevé et des inégalités criantes.

Ayant fait campagne sur le slogan «Notre terre et du travail maintenant», la percée de Julius Malema confirme la montée du nationalisme noir. Toute chose qui a provoqué une réaction au sein de la minorité blanche. Une partie des voix de la communauté afrikaners, Sud-Africains blancs d’origine néerlandaise, s’est d’ailleurs reportée sur le Front de la liberté (VF Plus). Il s’agit d’un parti conservateur blanc, dirigé par Peter Groenevald, qui semble-t-il, doublera son score. Le parti d’extrême droite du Front de la liberté se maintient donc en quatrième position avec 3,21 %. Cyril Ramaphosa se prépare à prendre les rênes d’une société profondément opposée et donc fracturée.

Zacharie Roger Mbarga

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