Du Mont-Saint-Michel aux Pyrénées-Mont Perdu, pays de cirques et canyons

Le cirque de Gavarnie est un amphithéâtre naturel monumental qui offre des paysages saisissants : avec son diamètre de 6 kilomètres et ses parois s’élevant à près de 1500 mètres, en trois étages successifs, ce site naturel fut l’un des premiers déplacements de Théophile et Marguerite Lognoné en voyage de noces.

Au même titre que la baie du Mont-Saint-Michel dont était originaire ce couple d’orfèvres horlogers, le cirque de Gavarnie est classé par l’Unesco depuis 1997. Inscrit dans l’ensemble « Pyrénées – Mont Perdu », il est l’un des rares sites au monde à avoir la double classification (naturelle et culturelle).

De nombreuses cascades dévalent ses montagnes, dont la célèbre Cascade de Gavarnie haute de 422 mètres ! Cette cascade qui tombe à pic dans ce décor minéral est la plus haute chute d’eau de France et l’une des plus impressionnantes d’Europe.

Ce paysage de montagne exceptionnel, qui rayonne des deux côtés des frontières nationales actuelles de France et d’Espagne, est centré sur le pic du Mont-Perdu, massif calcaire qui culmine à 3 352 m. Le site, d’une superficie totale de 30 639 ha, comprend deux des canyons les plus grands et les plus profonds d’Europe sur le versant sud, du côté espagnol, et trois cirques importants sur le versant nord, plus abrupt, du côté français – formes géologiques terrestres classiques. Ce site est également un paysage pastoral qui reflète un mode de vie agricole autrefois répandu dans les régions montagneuses d’Europe. Il est resté inchangé au XXe siècle en ce seul endroit des Pyrénées, et présente des témoignages inestimables sur la société européenne d’autrefois à travers son paysage de villages, de fermes, de champs, de hauts pâturages et de routes de montagne.

L’installation de l’homme dans cette région remonte au paléolithique supérieur (40 000 – 10 000 av. J.-C.), comme en témoignent les sites tels que les cavernes d´Añisclo et d’Escuain, les cercles de pierre de Gavarnie et le dolmen de Tella. Des documents du Moyen Âge ont fait entrer ces établissements sédentaires dans l’histoire. Ils étaient situés sur les versants du massif et des vallées avoisinantes, formés par le réseau hydrographique de rivières qui irriguaient les champs le long des vallées du nord, ainsi que les sentiers et routes, ponts, maisons et hospices (comme les espitau/hospices de Gavarnie, Boucharo, Aragnouet, Parzan, Héas et Pinet).

Ces installations étaient au centre d’un système agro-pastoral basé sur le déplacement du bétail, des moutons, des vaches et des chevaux vers les pâturages d’altitude pendant les mois d’été, qui se distingue clairement de l’utilisation des terres dans les plaines environnantes. Les vallées du Mont-Perdu et leurs cols ont servi de liens entre les deux communautés, qui avaient davantage de points communs entre elles qu’avec leurs communautés respectives dans les plaines. En conséquence, le système juridique et politique spécifique de la région, établi de longue date, est depuis bien longtemps indépendant des gouvernements centraux.

L’exploitation des hauts pâturages comme ceux de Gaulis ou d’Ossoue sont un témoignage inestimable de ce système de transhumance. C’est l’un des rares lieux en Europe où la transhumance s’est maintenue depuis des siècles. Par des accords ancestraux, les fermiers espagnols font aussi paître leurs troupeaux du côté français. Cette pratique renforce la nature transfrontalière de ce bien du patrimoine mondial.

Kevin LOGNONÉ

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *