DSIR-AC: la bible de l’intégration régionale

L’intégration régionale fait partie du mandat du Groupe de la Banque africaine de développement depuis sa création en 1964. Dans le cadre de la Stratégie Décennale de la Banque (SD 2013-2022), l’intégration régionale est également l’une des cinq priorités opérationnelles de l’institution. En effet, «Intégrer l’Afrique» est l’un de ses objectifs pour accélérer la transformation de l’Afrique – les “Top 5”.

Le Cadre stratégique pour l’intégration régionale du Groupe de la Banque (CSIR 2018-2025) articule son approche pour la mise en œuvre de l’initiative “Intégrer l’Afrique”. Aussi, cette approche est synthétisée dans les documents de stratégie d’intégration régionale (DSIR), qui reflètent les diversités régionales et la nature unique de chacune des régions d’intervention de la Banque : Afrique du Nord, Afrique australe, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique de l’Ouest.

En 2018, la région Afrique centrale a connu une légère accélération de sa croissance économique comparativement à 2017. En effet, le taux de croissance moyen du PIB réel de la région, s’est établi à 2,2% en 2018 contre 1,1% en 2017, demeurant ainsi en deçà de la moyenne africaine de 3,5%. La croissance économique de l’Afrique centrale a été principalement soutenue par le rebond observé des prix des matières premières, principalement le pétrole.

Les perspectives de croissance indiquent des hausses attendues du PIB réel de 3,6% et 3,5%, en 2019 et 2020 respectivement. Pour la réalisation de ces projections, la région Afrique centrale dispose d’opportunités dont elle pourrait profiter, notamment la croissance de l’économie mondiale, la hausse des prix du pétrole, les réformes macroéconomiques engagées dans les pays de la région et ses richesses naturelles. A l’opposé, elle devra aussi relever certains défis qui constituent des risques pour la réalisation des performances projetées, en l’occurrence, la situation sécuritaire, un possible retournement de conjoncture avec une baisse des cours des prix du pétrole, le besoin de diversification des économies, l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance, ainsi que le développement du capital humain.

Carnet de santé
En plus du ralentissement économique observé depuis le deuxième trimestre 2014, la situation de fragilité de l’Afrique centrale est caractérisée par un contexte sécuritaire volatile et une instabilité politique. Cette situation résulte principalement de l’existence de plusieurs conflits multiformes, notamment liés au contrôle des richesses naturelles et sont souvent le fait de groupes armés. Ces conflits ont été exacerbés par d’autres facteurs, dont la faible capacité des Etats à faire face aux problèmes d’insécurité, de reconstruction, aux besoins sociaux en matière d’éducation, de santé, le niveau élevé de pauvreté des populations et la faiblesse de la gouvernance. De fait, dans la région Afrique centrale, trois pays sont considérés comme en situation de fragilité : la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Tchad. Les quatre autres pays (Cameroun, Congo, Gabon et Guinée Equatoriale) peuvent être considérés comme plus résilients, même s’ils font face aussi à des poches de fragilité.

Une intégration régionale effective en Afrique centrale permettrait de stimuler l’essor des marchés nationaux, d’accroitre les flux commerciaux et d’investissements, d’atténuer les déficiences institutionnelles et infrastructurelles et d’impulser une transformation structurelle en vue d’un développement plus équitable et durable, et qui contribuerait à réduire les facteurs de fragilité.

Le 28 mars 2019, les Conseils d’administration du Groupe de la Banque ont approuvé le Document de stratégie d’intégration régionale de l’Afrique centrale (DSIR-AC) pour la période 2019-2025. Le DSIR-AC, qui couvre sept pays d’Afrique centrale, a été élaboré en étroite concertation avec la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). Cette nouvelle stratégie répond donc pleinement aux priorités de ces communautés économiques régionales et de leurs pays membres.

Prescriptions
Le DSIR-AC 2019-2025 se propose de tirer profit des avantages comparatifs de la région, notamment ses abondantes ressources forestières et minières, de ses diverses zones écologiques et de sa situation géographique stratégique. Il entérine la vision que les pays d’Afrique centrale pourraient tirer profit des avantages de l’intégration et de la coopération régionales afin de développer et d’atteindre des marchés plus vastes et plus attractifs qui offrent des économies d’échelle d’une part et créent des créneaux de spécialisation d’autre part.

C’est ainsi que la construction d’un pont d’une longueur de 1 575 m entre Brazzaville (Congo) et Kinshasa (RDC) permettra de valoriser davantage les opportunités commerciales entre les deux pays en reliant les infrastructures et en fluidifiant la circulation des biens et des personnes. De même, les ressources énergétiques de la région (par exemple, la centrale hydroélectrique de Boali, le barrage d’Inga) peuvent contribuer à l’électrification de la région et de l’Afrique plus largement par des échanges transfrontaliers d’électricité.

La route Ouesso-Bangui-N’Djamena et la navigation intérieure sur les fleuves Congo, Oubangui et Sangha, d’une longueur de 1310 km, qui traversent la République centrafricaine, le Tchad, la RDC et la République du Congo, feront progresser l’intégration économique entre ces quatre pays et au-delà. Le capital forestier de cette région pourrait être mieux valorisé grâce à une intégration économique plus approfondie.

Les six pays du Bassin du Congo couvrent 300 millions d’hectares de forêt, dont 170 millions d’hectares de forêt tropicale dense, 50 millions d’hectares de forêt productive, 18 millions d’hectares en conservation et 100 millions d’hectares non alloués. La vision stratégique de la Banque pour l’industrialisation de la filière bois en Afrique centrale estime qu’il est possible d’augmenter la surface totale des concessions dans la région de 50 millions d’hectares aujourd’hui à 75 millions d’hectares ainsi que les rendements de la production actuelle de 7 millions de m3 à 15 millions de m3 d’ici 2030.

L’opérationnalisation de cette vision stratégique permettra d’augmenter la transformation primaire de 66 % aujourd’hui à 100 % en 2030, de 50 % à moyen terme la transformation secondaire et tertiaire des grumes et de développer le commerce intra-Africain des produits du bois.

Ces différents exemples illustrent parfaitement l’orientation stratégique du DSIR-AC qui est de promouvoir la diversification économique et la transformation structurelle en améliorant le commerce intra-régional et qui repose sur deux piliers : (1) renforcer les infrastructures régionales (énergie, transports et technologies de l’information et de la communication) ; et (2) soutenir les réformes pour le développement du commerce intra-régional et renforcer la capacité institutionnelle des communautés économiques régionales.

Le premier pilier se concentre sur l’accès à l’énergie et à l’eau, aux corridors de transport et aux technologies de l’information et des communications. Le deuxième pilier est axé sur le développement du commerce et de l’investissement, l’intégration du secteur financier et le renforcement des capacités humaines et institutionnelles.

Afin d’opérationnaliser le DSIR-AC 2019-2025, le programme indicatif des opérations multinationales est estimé à 3,2 milliards d’UC (4,4 milliards de dollars EU) entre 2019 et 2025. Ces investissements s’appuieront sur les 44 projets régionaux transformateurs, d’une valeur de 779,6 millions d’UC (1,1 milliard de dollars EU), actuellement en cours de mise en œuvre dans la région.

Attentes
En termes de mise en œuvre, le Bureau régional pour l’Afrique centrale (RDGC), appuyé par les bureaux pays de la région, dirigera la coordination des opérations et le dialogue politique avec la CEMAC, la CEEAC, les organismes régionaux spécialisés tels que le pool énergétique d’Afrique centrale, et avec les Pays membres régionaux. Cette approche garantira que le DSIR et les DSP sont étroitement alignés et que les dimensions régionales sont intégrées dans les opérations nationales. La Banque et ses partenaires reconnaissent que le secteur privé peut contribuer de manière significative à relever les défis de la création d’emplois et de richesses, notamment en participant aux chaînes de valeur régionales, par exemple dans les domaines du bois et des emplois verts.

Lors du lancement de la stratégie en marge des assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque, du 10 au 14 juin 2019, à Malabo en Guinée équatoriale, les représentants des PMR et les responsables de la Banque ont reconnu la nécessité d’organiser un atelier de restitution du DSIR.

C’est dans ce contexte que le Groupe de la Banque africaine de développement souhaite organiser un atelier de restitution du nouveau Document de stratégie d’intégration régionale 2019-2025 pour l’Afrique centrale, le lundi 16 septembre 2019, à l’hôtel Hilton de Yaoundé, au Cameroun.

Intégration en Afrique centrale: La stratégie de la BAD en vitrine à Yaoundé

Une rencontre de haut niveau regroupera le 16 septembre prochain dans la capitale camerounaise les gouverneurs de Banque de la CEEAC, le secteur privé, les communautés économiques régionales et les ministres ou hauts fonctionnaires gouvernementaux en charge des questions d’intégration régionale. L’objectif global de cet atelier est de présenter et disséminer le nouveau Document de stratégie d’intégration régionale en Afrique centrale (DSIR – AC), sur la période 2019-2025. De façon spécifique, il s’agira de présenter le contexte économique et social de la Région et analyser les défis et les opportunités auxquelles l’Afrique centrale est confrontée en matière de diversification économique et d’intégration régionale.
Le DSIR-AC couvre 7 pays d’Afrique centrale.

Il a pour objectif global d’accélérer la diversification et la transformation structurelle des économies d’Afrique centrale à travers le renforcement de la connectivité des infrastructures et le développement du commerce, de l’investissement et le renforcement des capacités humaines et institutionnelles des pays membres. Elaboré en étroite concertation avec la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Cemac) et la communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Ceeac), cette nouvelle stratégie répond pleinement aux priorités de ces communautés économiques et de leurs pays membres.

Lors du lancement de la stratégie en marge des assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque du 10 au 14 juin 2019, à Malabo en Guinée Equatoriale, les représentants des pays et les responsables de la Banque ont reconnu la nécessite d’organiser un atelier de restitution du Dsir. D’où l’Atelier de restitution de Yaoundé, dont nous présentons les jeux et les enjeux.

 

 

Atelier de restitution du document de stratégie d’intégration régionale (DSIR) de l’Afrique Centrale, 2019-2025

Lundi 16 septembre 2019
HÔTEL HILTON, YAOUNDÉ, CAMEROUN

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