Des civils au pouvoir à Ndjamena: le souhait des étudiants tchadiens à Yaoundé

Les étudiants tchadiens de l’Université catholique d’Afrique centrale (UCAC), de l’institut Siantou ou de l’Université de Yaoundé I, Ngoa-Ekelle souhaitent voir les civils au pouvoir.

C’est la principale résolution qu’ils veulent voir sortir du dialogue en cours dans leur pays. «Pour que les conflits armés cessent dans le pays de Toumaï, le poste de président de la République doit revenir à un civil». Il n’y a pas une autre solution pour l’intelligentsia tchadienne de Yaoundé. Arriver à ce résultat veut dire qu’une nouvelle constitution naisse à l’issue des travaux de Ndjamena. L’autre proposition émise par cette caste est de revenir à la constitution de 1996. Pour soutenir leurs arguments, un point d’honneur est mis sur le discours prononcé par Moussa Fakir Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine (UA). À les entendre, «c’est le leader politique tchadien le plus lucide, plus besoin de suivre les travaux jusqu’au bout. Il fait le diagnostic du problème et il apporte la posologie». Selon ces derniers en effet, «le président Mahamat dit tout dans son discours, c’est un vrai patriote», disent les Tchadiens rencontrés ce 24 août 2022 à Yaoundé. Ils ont tous enregistré son discours dans leurs téléphones.

Selon ces étudiants, le mal dont souffre le pays est connu. «Les soldats apportent uniquement la souffrance et le clanisme dans le pays. Les groupes rebelles sont identitaires chez nous. Si le Zaghawa est au pouvoir, au moins 80% de son entourage est Zaghawa. C’est le cas pour les autres groupes rebelles à la quête du pouvoir», déclare un influent membre du bureau des étudiants tchadien de l’UCAC. Cet état des choses empêche tout développement. «Une seule main n’attache pas le paquet», ironise fadimata, en master en comptabilité à l’Institut supérieur Siantou.

«La place d’un militaire se trouve dans la caserne un point un trait», hurle en pleine discussion avec ses frères, Martin, originaire de Moundou dans le sud du pays. Pour cet étudiant en master en droit humanitaire à l’UCAC, aucune concession n’est à faire aux militaires. La politique appartient aux civiles. Le rôle de la grande muette est unique selon l’étudiant juriste: défendre le territoire national.

Olivier de Djoukounoum, étudiant en science économique à Soa, veut lui mettre l’accent sur la gestion. Cette gouvernance doit être calquée sur un modèle comme celui du Cameroun. Il déclare alors que «le Cameroun nous parle, avec l’équilibre régional dans les recrutements et organisation des concours. Plus encore, toutes les régions et départements sont représentés dans la gestion étatique (ministres et directeurs généraux), ce qui apaise les cœurs». C’est aussi l’avis que partage Eléazar Djiori, étudiant en géographie à Yaoundé I. Il s’appuie aussi sur le discours de Moussa Fakir Mahamat. En le paraphrasant, il explique que personne ne peut prétendre gouverner le Tchad à lui tout seul. Il faut composer avec tout le monde, cela évite le favoritisme.

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André Gromyko Balla

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