Débrouillardise et recyclage: Dylan, la tête dans les bouteilles plastiques

Il vit dans le 4e arrondissement de Yaoundé et gagne son pain quotidien en ramassant ces déchets.

 C’est un homme imposant avec une allure de paysan et vêtu de guenilles. Dylan comme il se fait appeler a en plus une punk rousse associée aux rastas. La quarantaine bien sonnée, il a la silhouette d’un boxeur. Son métier est celui de ramasseur de bouteilles plastiques. Il est l’un des premiers pourvoyeurs en bouteilles plastiques dans les boutiques qui commercialisent l’huile de palme et raffinée au marché de Mvog-Mbi et Akol-Nnomo, sans oublier les Brasseries du Cameroun pour la vente de la levure de bière. Pour ce dernier «c’est une question de vie, parce que je n’ai pas eu de travail. En plus, j’ai été gravement malade. Pour ne pas être un fardeau pour ma famille, je me débrouille», assume le ramasseur.

Sa journée de travail commence très souvent à 4 heures du matin. Comme il indique, elle s’achève souvent à 20 heures. Il arpente le lit d’Akeu (rivière qui sépare l’Institut supérieur Siantou et l’ancienne Cami) qui est un grand dépôt de bouteilles. «Je n’hésite pas à descendre là où les bouteilles sont agglutinées pour chercher le bon produit, surtout quand la pluie est tombé», révèle le monsieur. Le deuxième lieu indiqué pour la chasse aux magnums, ce sont les poubelles et les rigoles. Ces opérations sont effectuées dans plusieurs quartiers. «Je commence toujours ici à la poubelle d’Ayéné, ensuite je vais à Deux chevaux. Mais, là où je ramasse le plus grand nombre de mes bouteilles, c’est à Ekounou». Il explique alors avoir au maximum 150 bouteilles de 10 litres. Dylan dit aussi ramasser plusieurs marques des bouteilles d’eau minérale…

Gains

«Je peux gagner 2 500 à 3 000 FCFA par jour. Une bouteille de 10 litres, je la vends à 10 FCFA, quand il n’y a pas les bouteilles comme en saison sèche, je vends la bouteille à 15 FCFA», révèle-t-il. Deux modes de paiement sont exigés par ce dernier dans les marchés: soit on paye cash, «si tu n’es pas mon Asso». Soit pour «mes vrais clients, je dépose les bouteilles et je passe après». Du côté des brasseries vers Mvan non loin de Coron, il laisse les flacons dans la nuit afin que le vendeur de levure de bière n’est pas de problème d’emballage. Pour Jean, le vendeur de levures, «il nous aide parce que je ne me tors plus pour trouver les bouteilles. Quand la levure sort, elle n’attend pas, et si les bidons ne sont pas là, tout le précieux liquide dont raffole les porcs tombe dans le Mfoundi. Notre livreur nous favorise», confie le monsieur. Grâce à la vente des bouteilles, Dylan tient le coup et dans sa débrouillardise, il parvient lui aussi à aider sa famille et à payer ses médicaments.

André Gromyko Onana

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