Cristallisation à Ndélé des tensions sécuritaires en RCA

En l’espace de quelques semaines, Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran, est devenue l’épicentre des tensions sécuritaires en République centrafricaine (RCA).

L’adjudant-chef Denis, des actions sur les perceptions et l’environnement opérationnel (APEO) de la force Sangaris, aux côtés du pasteur Jean-Claude (t-shirt bleu), remercie les habitants du quartier Boroto de Bambari, de s’être déplacés et leur donne rendez-vous la semaine suivante pour une nouvelle matinée de travail pour la réhabilitation de leur quartier, en République Centrafricaine, le 15 octobre 2014.

Le 15 octobre 2014, l’adjudant-chef Denis, des actions sur les perceptions et l’environnement opérationnel (APEO) de la force Sangaris, a organisé une matinée de travail au profit des habitants du camp de réfugiés de Bambari, en République Centrafricaine, dans leur quartier d’origine, le quartier Boroto qu’ils ont du abandonner quelques mois plus tôt. Ce fut la sixième fois que les habitants du Boroto ont pu retourner chez quelques heures pour oeuvrer à la réhabilitation de leur quartier; cela a été rendu possible par le concours de la section 20 de la compagnie Noir du groupement tactique interarmes (GTIA) Magenta de la force Sangaris, en coordination avec un groupe gabonais de la mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation de la République Centrafricaine (MINUSCA) et des gendarmes des forces de sécurité intérieure (FSI), qui ont assuré la sécurité des personnes venus travailler.

C’est dans cette ville du Nord de la Centrafrique que se concentrent désormais les affrontements meurtriers entre des groupes armés. Ces affrontements opposent notamment le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et le Rassemblement patriotique pour le renouveau de la Centrafrique (RPRC). Mais ils mettent également ces groupes aux prises avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca).

Le 13 mars dernier, les corps sans vie de cinq commerçants tchadiens ont été découverts près d’un mur. Même si les circonstances de leur mort n’ont pas encore été déterminées, il est constant pour les sources sécuritaires qu’ils ont été tués à l’arme à feu. Ces morts sont ainsi venues s’ajouter aux 45 autres enregistrées le 11 mars dernier. C’est en tout cas dans ce contexte que regroupés sous la bannière du G5, l’Union européenne, les Etats Unis, la France, la Banque mondiale et l’Onu, ont rendu public un communiqué mercredi dernier. Ils ont été rejoints pour la circonstance par la Fédération de Russie.

En clair, «Les membres du G5 condamnent fermement les violences graves enregistrées depuis le 2 mars dans la ville de Ndélé, et ayant occasionné la mort des victimes parmi lesquelles un employé de la Minusca. Ces événements ont également occasionné le déplacement forcé de quelque 1200 civils», a indiqué le communiqué. Et afin que nul n’en ignore, les membres du G5 ont rappelé au FPRC «qu’en tant que signataire de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA (APPR-RCA), le groupe armé s’est engagé à renoncer au recours aux armes et à mettre fin de manière immédiate, complète et irrévocable à toutes les hostilités et formes de violence». Quoi qu’il en soit désormais pour les populations de Ndélé, elles n’ont pas d’autre choix que de se rendre dans le camp de la Minusca. Ce d’autant que les principales autorités administratives de la ville sont en fuite.

Théodore Ayissi Assi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *