Corruption au Cameroun : Le fléau fait perdre à l’Etat 44 milliards FCFA

L’état de la lutte contre la corruption en 2021 présenté par la Commission nationale anti-corruption (Conac) montre un regain du phénomène tant décrié par tous.

 

La Commission nationale anti-corruption (Conac) a rendu public son rapport sur l’état de la lutte contre ce phénomène en 2021, le 10 novembre dernier à Yaoundé. Ledit rapport laisse transparaitre que la gangrène est profonde et continue de porter de sérieux coups aux caisses de l’Etat. 43 947 794 138 FCFA (quarante-trois milliards neuf cent quarante-sept million sept cent quatre-vingt-quatorze mille cent trente -huit FCFA) est le montant global du préjudice.

Le président de la Conac, 2è à partir de la gauche, présentant le rapport sur l’état de la corruption au Cameroun

L’on note ainsi une augmentation de ce montant qui selon le rapport de l’année 2020 était de 17 611 274 184 FCFA (dix-sept milliards six cent onze million deux cent soixante-quatorze mille cent quatre-vingt-quatre) FCFA soit une hausse de 26336519954 (Vingt-six milliards trois cent trente-six million cinq cent dix-neuf mille cent cinquante-quatre) FCFA. Ce qui montre à suffisance le statu quo et le piétinement dans la lutte contre ce mal en dépit des mesures répressives et dissuasives mises en place par cette institution.

 

Selon Dieudonné Massi Gams, président de la Conac, la corruption a fait son nid dans certaines administrations. Il s’agit de l’Administration territoriale, des Collectivités territoriales décentralisées, du Commerce, des Domaines et Affaires foncières, de l’Éducation, Des forces de maintien de l’ordre, Forêts et Faune, de la Justice, des Transports routiers et de la Santé. Elles brillent par des pratiques qui suscitent indignation. Pour l’année 2021, la Conac «a reçu au total 6 705 dénonciations pour faits et pratiques de corruption», souligne-t-il.

Pratiques courantes
Les pratiques de corruption suscitent de l’indignation auprès des usages dans les différentes administrations publiques. Pour ce faire ils dénoncent la qualité de service qui repose sur les pratiques telles que le monnayage de la signature de certaines autorités administratives et municipales, la concussion dans la vente de terrain relevant du domaine privé de l’Etat, la corruption lors des concours d’entrée dans certaines grandes écoles, le rançonnement et le détournement des malades dans certaines formations hospitalières publiques, l’arnaque de certains usagers pour l’établissement de certificats médicaux, la fraude et la corruption lors de la plupart des examens du permis de conduire.

Pour ne citer que celles-ci. Les dénonciations ont conduit aux descentes de la Conac sur le terrain et des sanctions ont suivi. «S’agissant des sanctions administratives, elles ont été infligées à 865 agents publics exerçant dans les départements ministériels et les entreprises publiques. Ces sanctions vont de l’avertissement au licenciement», martèle le président de la Conac. Et pour bien mener la lutte contre la corruption, elle travaille en parfaite collaboration avec certaines institutions publiques telles que l’Agence nationale d’investigation (Anif) et l’Agence nationale de Technologie de l’Information et de la Communication (Antic) dans la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ainsi que de la cybercriminalité.

Perspectives
En termes de perspectives, selon le président de la Commission nationale anti-corruption, Dieudonné Massi Gams, «il y a urgence d’accroître les ressources allouées aux institutions et aux structures chargées de la lutte contre la corruption dans notre pays», souligne-t-il. Il convient également de poursuivre le processus d’internalisation des instruments juridiques internationaux ratifiés par le Cameroun, par l’adoption d’une loi anti-corruption. Sur le plan structurel, il importe de prendre des mesures qui s’imposent pour renforcer la gouvernance électronique à travers la dématérialisation de certaines procédures et les paiements électroniques.

Olivier Mbessité

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