Un Conseil politique mais non partisan.

La violation flagrante et impunie des dispositions contenues dans le Décret N° 94/199 du 07 octobre 1994 portant statut général de la Fonction Publique de l’Etat du Cameroun plonge notre pays dans une situation de ‘‘non droit’’ au point de créer des amalgames observables aujourd’hui au sein des organes locaux du Conseil National de la Jeunesse. La guéguerre que traverse le Conseil de la jeunesse dans le Sud est le bout de l’iceberg d’une situation profondément ancrée dans les pratiques politiquement et éthiquement incorrectes comme cela a été observé avec l’utilisation par le militant d’un parti politique du papier entête du ministère dont il a la charge pour convier ses camarades à un rassemblement politique.

Dupleix Kuenzob Secrétaire Exécutif DMJ

En effet, tandis que l’article 40 (1) du statut général de la fonction publique signe que ‘‘le fonctionnaire est tenu à l’obligation de réserve dans l’exercice de ses fonctions’’, plusieurs hauts cadres de notre administration exercent leur marketing politique et religieux jusque dans le processus de délivrance des services, ceci en violation flagrante des dispositions bienveillantes de l’article 40 (2) qui précise que ‘‘l’obligation de réserve consiste pour le fonctionnaire, à s’abstenir d’exprimer publiquement ses opinions politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales, ou de servir en fonction de celles-ci.’’

Certes, en vertu de l’article 18 du PIDCP ‘‘toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement’’ mais il ne faut pas étendre cette liberté à la velléité de contraindre d’autres à s’aligner. Nul ne devant subir de contrainte pouvant porter atteinte à sa liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix. L’article 40 (2) ci-dessus cité est en phase avec l’alinéa (3) de l’article 18 du PIDCP qui affirme que ‘‘la liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet que des seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité, de l’ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui’’.

Si donc au sein du Conseil de la jeunesse des jeunes responsables appartiennent à des chapelles politiques différentes, chacun doit se faire le devoir de ne pas profiter de position et passer sous ce label pour positionner son parti. Le Conseil National de la jeunesse même s’il est un organe politique de par sa mission de plaidoyer et de courroie entre les organisations de jeunesse et les pouvoirs publics au premier rang desquels le gouvernement, doit savoir garder son caractère non partisan. Toute tentative d’inféodation de la politique partisane dans son fonctionnement est un risque grave pour le fragile crédit en construction et le faible enthousiasme que manifestent les jeunes à appartenir à cette institution qui tarde à jouer véritablement son rôle de fédérateur des aspiration de la jeunesse.

Les publications sur les réseaux sociaux d’une certaine querelle entre les principaux responsables du CNJC et ceux du ministère de tutelle au niveau local méritent que des clarifications soient faites non pas dans le sens des expéditions punitives comme souhaitées par d’aucuns, mais dans une perspectives d’éducation aux droits de l’homme et aux valeurs démocratiques. Nouvellement désignés, il n’est pas bon que les membres des organes du CNJC à différents niveaux s’illustrent aux yeux de leurs pairs qui les ont élus comme des délateurs ou des portes voix d’acteurs autres que les jeunes. Par ces temps où la demande et l’offre politique vont davantage s’intéresser à la jeunesse, le CNJC devrait saisir l’occasion pour poser sur la table des prétendants aux suffrages des jeunes, les désidératas d’une jeunesse qui, à défaut d’être recrutée dans les rangs de la fonction publique, devrait bénéficier des possibilités pour s’insérer dans le secteur privé pour y contribuer à créer de la richesse.

Le CNJC gagnerait à cet égard à veiller à ce que les droits des jeunes soient pris en compte par toutes les parties au jeu politique, question de monter les enchères et se donner de la valeur en raison de la masse critique de jeunes qui le constituent. Ainsi donc, les querelles d’appartenance politique n’apparaîtraient que rarement sur le théâtre des actions du CNJC puisque cet organe est non partisan en dépit de sa dimension éminemment politique.

Dupleix Kuenzob

Secrétaire Exécutif

Dynamique Mondiale des Jeunes

 

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