Conseil constitutionnel : bricole exemplaire sur la parité hommes-femmes

Parmi les onze sages nommés le 07 février par le président camerounais, un seul est une femme.

Parmi les onze sages nommés le 07 février par le président camerounais, un seul est une femme.
Paul Biya

Ça y est ! Le Conseil constitutionnel est enfin là. Paul Biya, le président de la République du Cameroun, a signé quelques décrets à cet effet, le 07 février dernier. Parmi les textes du chef de l’Etat, il y a celui nommant les membres de cette  institution, juge de la constitutionnalité des lois, des traités et accords internationaux, des règlements intérieurs des deux chambres du Parlement (l’Assemblée nationale et le Sénat)… tel que stipulé par la loi N°96/06 du 18 janvier 1996. La liste que coiffe Clément Atangana, le président, affiche onze noms. Statistiquement, Paul Biya a nommé dix hommes et une femme. Une seule : Arrey Florence Rita. Ce «singleton», originaire de la région du Sud-ouest est magistrate hors échelle. Anciennement vice-présidente du tribunal pénal international pour le Rwanda, elle a aussi été juge à la Cour suprême du Cameroun.

Au-delà de l’âge canonique atteint par certains (plus ou moins proches de la doxa biyaïste), d’aucuns estiment que  l’élan qu’avait jusqu’alors  pris le pouvoir en place de promouvoir la gent féminine a marqué un coup de frein doublé d’une marche arrière sans précédent. Le plaidoyer porté par des organismes comme More Women in politics (le projet d’appui à la massification de la participation politique des femmes aux échéances électorales de 2018) et celui de l’Onu-femmes s’en trouve contrarié.

En outre, l’implication des femmes dans la résolution des conflits en vertu de l’Agenda 1325 des Nations unies peine à être observée par le Cameroun. «Cette résolution demande instamment aux États membres de faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions dans les institutions et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends. Si l’on se réfère aux missions du Conseil constitutionnel, il s’agit d’une institution qui règle des conflits», analyse Duplex Kuenzop, membre de la Dynamique mondiale des jeunes (DMJ).

A rebours des observateurs qui saluent la nomination d’une femme dans le Conseil constitutionnel, quelques-uns trouvent que la nomination de Arrey Florence Rita au Conseil constitutionnel n’introduit qu’une brèche dans l’habituelle langue de bois. C’est dans cette catégorie que se situe Francine Ntye Omboui, la présidente de l’ONG Femmes plurielles. «Une fois de plus, dit-elle, le président a évité d’entrer dans le gras du sujet. Une seule femme au milieu des hommes, c’est ravauder la parité tant vantée dans les discours».

 JRMA

Intégration

Journaliste Chef de bureau Douala

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