Complexe islamique universitaire d’Afrique centrale : un autre chou-fleur de l’axe Yaoundé-Riyad

Le projet est en passe de se concrétiser, même si certains détails restent à clarifier.

Abdurahman Ibrahim Alzebeni (àd) et Félix Mbanyu

En se bornant à son aspect purement officiel, on dira que c’est seulement le 15 novembre dernier que le projet de construction du Complexe islamique universitaire d’Afrique centrale est projeté sous les feux de l’actualité. En insistant sur son aspect diplomatique, le même projet occupe les autorités saoudiennes et camerounaises depuis plusieurs années. Entre Yaoundé et Riyad, assure une source proche du dossier, les modalités de mise en œuvre dudit projet ont meublé une grande partie des discussions entre les deux capitales depuis au moins un an». À en croire la même source, «rien de précis ne peut être dit sur le lieu, les délais ou bien le coût du chantier du complexe; tout ce que l’on sait, c’est que ce sera un ensemble de facultés appelées à dispenser un enseignement supérieur trilingue (arabe, français, anglais)».

Prémices
En surfant sur la présence au ministère des Relations extérieures (Minrex) de Abdurahman Ibrahim Alzebeni (chargé d’affaires par intérim à l’ambassade du Royaume de l’Arabie Saoudite à Yaoundé) le 15 novembre 2022, tout porte à croire que la concrétisation du projet est imminente. Les prémices ont d’ailleurs été repérées lors de la dernière communication de Lejeune Mbella Mbella devant les députés à Yaoundé. À la faveur de cette sortie, le Minrex avait révélé que Riyad va financer la construction du Complexe islamique universitaire d’Afrique centrale. Il avait même ajouté que le démarrage du chantier restait assujetti à quelques réglages.

Depuis le 10 novembre 2021, Yaoundé et Riyad sont liées par un «accord général de coopération». Signés à Yaoundé par Felix Mbayu et Ahmed Bin Abdelaziz Qattan (respectivement ministre délégué auprès du ministre camerounais des Relations extérieures chargé de la coopération avec le Commonwealth et ministre d’État chargé des Affaires africaines au ministère des Affaires étrangères du Royaume de l’Arabie Saoudite), les documents prévoient «d’encourager la coopération entre les deux pays dans les domaines économique, commercial, d’investissement, éducatif, artistique, culturel, médiatique, touristique, jeunesse et terrains de sport».

Il est à relever que le projet de construction du Complexe islamique universitaire d’Afrique centrale vient s’ajouter à ceux que l’Arabie Saoudite finance déjà au Cameroun. Il s’agit notamment de la culture du blé dans les régions septentrionales à travers la Sodablé, la construction de plusieurs infrastructures routières, le barrage de Song Loulou et un tronçon du chemin de fer Douala-Yaoundé, le complexe islamique de Tsinga, l’école de commerce de Douala, le Centre de formation professionnelle Al-Madinah Sports Academy.

 

Ongoung Zong Bella

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