Communes de l’Ouest : cap sur les projets à fort impact socioéconomique

Au-delà des pistes qui sont explorées, des initiatives sont déjà en cours de réalisation dans certaines villes et leurs environs.

 

 Au-delà des pistes qui sont explorées, des initiatives sont déjà en cours de réalisation dans certaines villes et leurs environs.
Maire du Conseil Municipal de Bangangté, Présidente du Réseau des Femmes Elues Locales.

«Les communes camerounaises face aux questions de financement dans le cadre de la décentralisation». Voilà, le thème qui a alimenté  en décembre dernier,  la causerie entre des magistrats communaux de la région de l’Ouest et le directeur des collectivités territoriales décentralisées (CTD), Etienne Owono Owono.

Au cours de cette rencontre, les maires de la région de l’Ouest ont, sous la houlette du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), répertorié quelques ressources alternatives  de financement des projets destinés à l’amélioration des conditions de vie des populations. Sur la table des échanges: la taxe sur la propriété foncière générée par les biens immeubles d’une population très nombreuse; le Fonds vert (FV) spécialisé dans la lutte contre les changements climatiques  (dont  les projets d’investissements, éventuellement éligibles, bénéficieront dans leurs montages des expertises des responsables du Riafco et Feicom),  les emprunts au Feicom (centimes additionnels) et autres dotations des démembrements de l’Etat et autres impôts.

Pour ce qui est des projets d’investissements financés par le Feicom, les magistrats municipaux sont invités à mettre sur pied des incubateurs de qualité pour les projets à maturité.

«Ce qui impose aux magistrats municipaux de capaciter la ressource humaine municipale pour qu’elle monte des dossiers bancables» a déclaré Augustin Nkamleum Fosso, directeur de l’ingénierie des projets du développement local du Feicom. Selon Jean Aloise Biwole, chef d’agence régionale Ouest du Feicom, la maturation d’un projet consiste à lui donner une étude de faisabilité qui intègre un ensemble d’aspect socioéconomique. «Autrement dit, le projet est-il en lien avec les attentes des populations? Est-il prioritaire? Après avoir répondu par exemple à ces préoccupations, l’on développe les études techniques du projet de façon à maitriser le coût de sa réalisation. Et c’est à ce niveau que le Feicom intervient pour apporter les ressources complémentaires au cas où la commune est à court des finances nécessaires pour sa réalisation. C’est donc dire que ce n’est pas parce qu’un projet de développement est inscrit dans le plan communal de développement qu’il doit bénéficier d’un financement du Feicom pour sa réalisation», explique-t-il.

 

Bagangté, modèle de gestion des boues de vidange

Dans cette ville, le Projet de construction d’un centre de dépotage ou station de traitement des déchets liquides fécaux des latrines en intrant agricole, gestion des boues de vidanges (PGBV) est entré dans sa phase de concrétisation.

Selon Célestine Ketcha Courtès, le chef de l’exécutif communal, le projet tient la route : les études de faisabilité, d’avant-projet sommaire, et les consultations publiques pour l’étude d’impact environnemental ont été effectuées. Cette étude a été validée par le ministère de l’environnement et de la protection de la nature. Les études techniques ont été réalisées et le dossier d’appel d’offre lancé. «Vous savez que lorsqu’on vidange les fosses septiques dans notre région, très souvent, il y a des difficultés à gérer les boues. Nous allons dont construire dans la localité de Noumga, un grand centre régional de dépotage, c’est-à-dire de   transformation de boues de vidanges en composts biologiques pour permettre d’accompagner l’agriculture. Il est unique en son genre en Afrique centrale», déclare-t-elle. La fin des travaux est prévue en février 2018 ; l’acquisition du camion Hydrocureur est en cours pour une livraison mi-janvier 2018. Les comptes sont régulièrement approvisionnés par le (Siaap) et les autres partenaires à concurrence de 100 000 euros soit 66 000 000 francs CFA  en fonction des taux de consommation du budget. «Actuellement le taux de réalisation des travaux de construction du centre est de l’ordre  54%. Le coût global du projet est de 462.000.000 francs CFA», dit-elle.

Aux dires du chef du Projet, Honoré Tchaewo, Bangangté est une ville au développement durable et le processus tient sur plusieurs points. «Nous avons commencé par la fabrication du compost à partir des ordures ménagères ; on a prolongé avec la valorisation des urines comme intrants agricoles. Le vaste projet de gestion des boues de vidanges qui est attendu et qui, d’ici février 2018, connaîtra son opérationnalité, permettra aux agriculteurs de la commune d’avoir une autre composante d’intrant naturel. Ça veut dire que la commune sera capable de récupérer les matières fécales des fosses septiques grâce au camion hydro cureur pour les transformer dans un centre de dépotage. Aux fins d’obtenir un amendant naturel, au même titre que les fientes de poule et le compost organique pour fertiliser les sols», dit-il.

Dschang, leader dans la gestion des déchets organiques

Là-bas, apprend-on, la construction des micros centrales électriques pour l’approvisionnement des populations locales en compost et en énergie électrique fait l’objet d’une grande attention. Le maire Beaudelaire Donfack et le Pr Emile Temgoua, (1er adjoint au maire de céans et responsable des services techniques de la mairie) sont d’avis qu’en 2017, la gestion des déchets organiques dans le cadre de l’assainissement a connu un pic. L’on est passé de 21 à 41% de collecte de déchets, soit en termes de tonnages 4000 et  7000 (quantités requises pour avoir du compost pour la restauration des sols).

Là-bas aussi, l’on parle de développement durable à travers la promotion des énergies renouvelables, avec en bonne place, la construction d’une micro-centrale hydroélectrique sur les Cascades de la Lingang et le fleuve Lefock. Le projet bénéficie d’une subvention de 410 millions FCFA  de l’AFD à travers Nantes-Métropole.

L’autre projet cité par Beaudelaire Donfack,  c’est celui d’une microcentrale hydroélectrique réhabilitée dans le village de Tchouandeng. Elle fournit déjà 50 Kw d’énergie; le comité de gestion mis sur pied vend le courant aux personnes (57) qui ont souscrit un abonnement à 40 francs CFA/kw contre 50 francs CFA sur le réseau du concessionnaire national.

Intégration

Journaliste Chef de bureau Douala

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *