Commerce transfrontalier d’oignons et de bétail: entre embellie et difficultés

Le commerce transfrontalier entre le Cameroun, le Congo Brazzaville, la Guinée Équatoriale et le Gabon se projette sous un avenir prometteur.

 

Malgré la conjoncture économique en ce début d’année 2023, empreinte de récession. Le ciel est bleu pour les transporteurs des oignons. «Depuis la nouvelle année, le secteur d’activité est stable. Aucune hausse n’est en vue, nous nous déplaçons paisiblement dans la sous-région, pas de tracasseries routières. Il suffit juste d’avoir tous ses papiers au niveau des contrôles», explique Mohamed, commerçant au marché Mbankolo (Yaoundé 2). Et de poursuivre: «c’est lorsque je vais au Gabon, en Guinée Équatoriale et en République Centrafricaine que nous payons les frais de douane. Pour le moment, le marché se porte bien et les prix sont abordables. Le sac d’oignons varie selon les saisons. Il coûte entre 10.000 FCFA, 20.000 FCFA et 30.000 FCFA». C’est la période des récoltes, marquée par l’abondance à l’Extrême-Nord (Maroua) et au Nord à Garoua. Les commerçants d’oignons s’y approvisionnent pour ravitailler la ville de Yaoundé et d’autres localités.

Le marché du bétail par contre est tumultueux. Les commerçants de moutons et autres bêtes vivent des moments difficiles sur les marchés de la sous-région, à cause des tracasseries routières. «Le transport devient de plus en plus cher du fait du carburant et de l’excès de contrôles routiers entre l’Extrême-Nord (Maroua) et Yaoundé. Ce qui impacte inéluctablement les prix des béliers», raconte Souleymane Abdouraman, président du marché de moutons à Mbankolo. Sur le trajet Ambam-Kyé-Ossi (dans le Sud), on dénombre douze contrôles mixtes, disent d’autres. «On a la gendarmerie, la douane, la police et à chaque étape, il faut payer entre 10 000 FCFA, 5000 FCFA et 2000 FCFA. Le business tourne au ralenti, déjà que les clients se plaignent de la vie chère depuis la nouvelle année. Et du coup, on ne gagne rien», se lamente Souleymane Abdouraman.

Olivier Mbessité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *