Commerce international : la Fiac, le nouvel emblème du Cameroun

Ouverture officielle de la première édition de la Fiac.

 

Selon les autorités camerounaises, ce rendez-vous d’affaires signe véritablement l’entrée du pays sur la scène économique mondiale.

 

Le 24 mars dernier, la ville de Douala (région du Littoral) a enfin inauguré un lieu pérenne, le site de la Foire Internationale des Affaires et du Commerce (Fiac). Au fil d’un accrochage rythmé, le public camerounais et celui d’autres pays veut croire que la bonne ambiance d’ici n’est pas prête de retomber. Et parce qu’il y a bien des façons de décliner la vocation d’un tel site, Luc Magloire Mbarga Atangana l’a fait sous un éclairage à la fois chronologique et thématique. A l’occasion de l’ouverture de la Fiac, le 26 mars 2018, au Complexe Camtel de Bepanda (Douala V), le ministre camerounais du Commerce (Mincommerce) est venu propager un message haut et fort, en grosses lettres et gros croquis. «La Fiac, dans le pipe depuis 2011, est le nouvel emblème du Cameroun sur la scène du commerce international. C’est un beau challenge et la perspective d’un relais de croissance pour nos entreprises», a-t-il dit en substance. Et les mots du membre du gouvernement tiennent pour ce qu’ils insinuent : à travers sa portée internationale, la Fiac joue désormais les passerelles entre les opérateurs économiques locaux et ceux d’autres pays.

 

Aubaine

Cela est d’autant plus probable qu’un index annonçant la création et l’opérationnalisation de la zone de libre-échange continentale vient barrer la Une de la vie économique en Afrique. De quoi inspirer le Mincommerce: «Vous l’avez suivi au travers des média. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine viennent, le 21 mars 2018, à Kigali, au Rwanda… Quarante-quatre Etats sur cinquante-cinq possibles ont signé à Kigali, sans coup férir, l’acte constitutif de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine, entendez un marché ouvert, sans frontière, sans entraves douanières, d’un milliard deux cent millions de consommateurs, dédié aux produits originaires du Continent. D’où le slogan dont les promoteurs et les participants à cette première édition pour la FIAC devrait s’approprier: «Produire pour l’Afrique, Consommer africain». Sous les mots de Luc Magloire Mbarga Atangana, la Fiac est là pour réinventer, en faveur des hommes et femmes d’affaires du terroir, un dispositif de rencontres à l’international. Aussi sûrement que l’aiguille d’une boussole pointe vers le nord, la Fiac pointe vers l’international avec un label : le «Made in Cameroon». Jusqu’ici, insinue le Mincommerce, les opérateurs économiques camerounais s’accommodaient d’un libre-échange des rebuts. Maintenant, grâce à la Fiac, il s’agit plus fondamentalement, de favoriser l’émergence d’une «personnalité filière économique camerounaise», afin d’influencer le marché international, miroir décidément fidèle des équilibres géoéconomiques

 

Rêve

«Que Douala, grande métropole des affaires du Cameroun, regardée de toutes les régions du pays, ouverte sur les océans, laboratoire dynamique de l’économie nationale, partant de l’informel jusqu’aux grands groupes structurés, avait vocation à accueillir, les années paires, une Grande Foire Internationale des Affaires et du Commerce, pouvant, avec la participation de tous (entreprises pratiquant le commerce sous toutes ses formes, visiteurs-consommateurs, Autorités) se pérenniser et devenir, peu à peu, la plus grande plateforme commerciale en Afrique centrale». Dixit Pierre Zumbach, Président de la Fondation Internationale Inter-progress, maître d’œuvre de la Fiac. Il a raison. La carte de Cameroun des créations d’entreprises et celle de la survie des entreprises sont radicalement marquées dans cette ville. On y crée des entreprises et dans les localités voisines. A elle seule, Douala monopolise ainsi 6 places dans le top 10 des villes prises en compte pour l’indice de la vitalité économique pour ce critère dans le pays. Selon les experts, la géographie des entreprises qui ont une meilleure survie à cinq ans est plus marquée. Rares sont les villes dans le vert sur les deux tableaux au Cameroun. Et avec la Fiac, Douala va certainement imposer son buzz dans l’économie mondiale.

Jean-René Meva’a Amougou

 

Une vitrine pour le «Made in Cameroon»

Les produits locaux reprennent vie grâce à la Fiac.

«Produire pour l’Afrique et consommer africain». C’est le nouveau slogan que le ministre camerounais du Commerce prescrit aux opérateurs économiques camerounais. Pour cette 1ère édition de la Fiac, cela est devenu plus qu’une antienne.

Le tour du site confirme: les produits issus directement de la terre, ceux fabriqués maison sont plébiscités. Dans les stands, les produits locaux ont retrouvé le moral en revenant à la qualité, un moment abandonnée. D’un bout à l’autre, on traverse le marché à la recherche des petits producteurs et de ce qu’ils proposent. Ce sont par exemple les petites pommes biscornues venues directement des Grassfields, avec toute leur saveur et leur jus. On n’oublie pas de s’arrêter devant quelques ruches produisant un miel toutes fleurs et une spécialité, le miel de ronces de Ngaoundal (Adamaoua). Il y a aussi de l’huile d’olive vraiment locale concoctée par deux paysans dans leurs modestes oliveraies du Bui (Nord-ouest). «C’est la diversité qui intéresse et passionne, s’épanche Luc Magloire Mbarga Atangana. Il n’y a pas un mais des «made in Cameroon». A l’Est, dans le Sud-Ouest, dans le Grand-Nord… les produits sont tous différents et de bonne qualité. Et il faut préserver jalousement chaque identité. Evidemment, vu de l’étranger, ça paraît compliqué mais c’est cette diversité qui fait toute notre richesse, notre force». Grâce à la Fiac, le «made in Cameroon» relève la tête. Il tient tête à la grande surface voisine en fidélisant clientèle locale et résidents secondaires. Face aux denrées et articles affligeants et sans goût venus des marchés de gros, ils se sont peu à peu tournés vers les petits producteurs «C’est la revanche du terroir. Et on a déjà même programmé sa victoire», blague le Mincommerce. A la réalité, le goût du vrai a déferlé sur le site de la Fiac. Sur place, le «made in Cameroon» a chassé les manipulateurs, les sans talent. Les gesticulations des apprentis sorciers mélangeant des produits contradictoires se sont écroulées dans un grand flop, victimes de leur médiocrité.

 

Didier Ndengue

Ouverture de la Fiac en images

 

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