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Climat social, insécurité, infrastructures…La peinture noire de la France sur le Cameroun

Axe Yaoundé-Douala, l’un des sujets d’inquiétude de la France.

 

Le secrétariat d’État en charge des Français de l’étranger dresse un tableau sombre de la situation du pays.

 

«Français au #Cameroun: les déplacements dans le Nord-ouest et le Sud-ouest sont désormais déconseillés aux voyageurs, sauf raison impérative. Avant de voyager dans le pays, consultez toutes nos recommandations sur @francediplo https://bit.ly/2ITXhUo». Emis en début d’après-midi du 26 mars 2018, le tweet de S.E. Gilles Thibault, ambassadeur de France au Cameroun, invite la communauté française résidant ou de passage dans le pays à la prudence. Dans son libellé, le post du plénipotentiaire français se structure autour de deux phrases. Indicative, la première laisse deviner clairement la situation actuelle dans la partie anglophone du Cameroun. Par les extensions qu’elle suggère, la seconde fait du diplomate français le relais des autorités de l’Hexagone.

 

Risques

Dans une récente édition de France Diplomatie (une publication du secrétariat d’État en charge des Français de l’étranger), le visage dangereux du Cameroun est peint grâce à un listing exhaustif des risques encourus par les citoyens français à certains endroits du pays. Le document évoque systématiquement, entre autres, le risque d’enlèvement. Il existe en particulier dans l’Extrême-Nord en raison d’incursions du groupe terroriste Boko Haram. «Les Occidentaux sont particulièrement ciblés», avisent les autorités françaises. Elles ne manquent pas d’évoquer la situation sécuritaire «dégradée depuis la fin de l’année 2017» dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. Avec à la clé, des enlèvements ciblant des étrangers présents dans ces régions. Sont aussi évoqués, des faits de délinquance dans les villes (vols à l’arrachée, agressions), des «coupeurs de route» dans les campagnes, notamment dans les régions proches du Tchad et de la Centrafrique. Et le secrétariat d’État en charge des Français de l’étranger d’aviser: «La vigilance et le bon sens permettent de s’en prémunir (éviter de conduire de nuit sur des routes isolées, éviter certains quartiers…)». Dans les grandes agglomérations, il est conseillé de prendre des précautions, tant lors des déplacements (à pied ou en véhicule) qu’au domicile (hôtel, appartement situé en étage, villa). «Des rôdeurs isolés, mais aussi des bandes organisées, se livrent à des cambriolages et agressions nocturnes», lit-on dans la publication.

 

Climat social

«Les routes camerounaises sont dangereuses», dit le secrétariat d’État en charge des Français de l’étranger. A l’en croire, l’axe Yaoundé-Douala est le plus tristement réputé avec la présence de camions transportant du bois (grumiers), dont l’état des véhicules souvent défaillant et les dépassements dangereux constituent un danger permanent. «La plus grande vigilance est recommandée et la circulation de nuit est déconseillée», appuie la partie française. Plus loin, c’est une sorte de coming out expectatif montrant un Cameroun parcouru de vives tensions politiques et sociales. «Une détérioration des conditions de vie pourrait mener à des manifestations de mécontentement», lit-on.

Jean-René Meva’aAmougou

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