CEEAC: les armés font pression pour la concrétisation de la défense commune

En préparant le sommet des chefs d’État du Conseil de paix et de sécurité (Copax) de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC)

tenu les 05 et 06 mars dernier à Libreville (Gabon), la Commission de défense et de sécurité (CDS) formule des propositions claires pour enrayer l’insécurité chronique de la région. Tenant lieu de réunion des experts parce que réunissant les chefs d’États-majors généraux des armées, les chefs de gendarmerie et de police des États membres, la CDS suggère la mise en œuvre du Pacte d’assistance mutuel (Pam) de la CEEAC.

Le Pam est le principal instrument qui organise la solidarité sécuritaire des 11 pays de la région. Il organise les manœuvres militaires, les conditions et la prise en charge d’une opération de sécurisation d’un État en état de faillite sécuritaire. Les généraux ont exhorté les décideurs politiques à mettre urgemment en œuvre cette Afrique centrale de la défense, constituée de troupes au sol et de logistique, face à la conjoncture de crise et à l’existence de conflit dormant. Ceci en vue d’éviter un certain niveau de tension opérationnelle comme celle connue récemment par le Tchad.

 

Stratégie

Afin de rendre la palette complète, les membres du CDS vont en outre recommander plusieurs autres mesures. Au niveau programmatique et immatériel, l’adoption d’une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme, la mise en application de la Convention de Kinshasa sur la circulation des armes légères et de petits calibres et l’adoption d’une règlementation communautaire obligeant tous les navires entrant dans l’espace maritime de la CEEAC à se doter d’un système d’identification automatique (AIS). Au plan institutionnel et opérationnel, la création d’une cellule au sein du secrétariat de la CEEAC pour la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre le terrorisme ; un comité permanent de coopération sécuritaire en Afrique centrale de niveau stratégique et politique ; un centre multinational de coordination de la zone A à l’issu de l’exercice militaire Obangame prévu en ce mois de mars et enfin, la mise sur pied d’un centre d’études et de coordination de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Au niveau politique, la convocation d’un conseil des ministres spécialisé en vue de la détermination d’un plan détaillé de la convention de Kinshasa et de la mise en eau du projet de réforme du Copax.

Seules interrogations : le niveau de cohérence entre la réforme institutionnelle de la CEEAC et celle voulue par le Copax. Tout aussi bien l’articulation entre le Mécanisme d’alerte rapide de l’Afrique centrale (Marac), le Pacte d’assistance mutuelle et la Force multinationale de l’Afrique centrale (Fomac).

 

ZRM

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