Libre-échange dans le Commonwealth: L’appel du pied de Londres à Yaoundé

S.E. Rowan James Laxton, haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun

 

S.E. Rowan James Laxton, haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun, a utilisé la scène de clôture de la semaine du Commonwealth pour présenter la nécessité de donner un nouveau visage aux relations économiques entre son pays et les autres Etats du club des gentlemen.

 

«A Global Britain !» (Une Grande-Bretagne mondiale), la formule a eu l’honneur d’être utilisée par quelques citoyens britanniques venus partager, avec leurs amis camerounais, les instants de convivialité induits par la clôture de la semaine du Commonwealth dans la capitale camerounaise. A la cour principale du ministère des Relations extérieures à Yaoundé le 12 mars 2018, c’est S.E. Rowan James Laxton, le haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun qui glisse cette expression dans son propos de circonstance. Par un phrasé tramé dans la solennité, le diplomate britannique vante les mérites du Brexit et les nouveaux marchés qu’il entraîne pour le bonheur du Commonwealth. «Ces marchés ne demandent qu’à être envahis», dit-il affirmant même que de nombreux Etats de l’ancien empire britannique font déjà la queue pour signer des accords économiques bilatéraux avec le Royaume-Uni. En filigrane, l’idée directrice que défend S.E. Rowan James Laxton c’est que, la substitution est possible entre l’Union européenne (UE) et le Commonwealth, mais ce dernier n’est pas un marché unique, donc il faut procéder à des accords bilatéraux. Pour le diplomate britannique, cette ambition a du sens économiquement, car la plupart des membres du Commonwealth sont des pays développés ou des économies émergentes (Australie, Nouvelle-Zélande, Inde ou Afrique du Sud notamment). «Nous recherchons un partenariat nouveau et égal entre une Grande-Bretagne indépendante, autonome et globale et nos amis et alliés. Il n’y a pas une minute à perdre pour cela», indique le diplomate britannique.

 

Gains

Cette campagne n’est pas neuve selon certains spécialistes du «club des gentlemen». «Elle suggère un monde de libre-échange, gravitant vers son foyer naturel, les pays du Commonwealth», détaille Joseph Mboé Messe’e. La réalité qu’insuffle cet internationaliste est que les 52 Etats du Commonwealth constitueraient un débouché prometteur ainsi qu’un réservoir de clients pour la Grande-Bretagne. Le chercheur en relations internationales estime que bien que ce pays mette en avant les relations privilégiées avec les membres du Commonwealth pour dessiner une vision radieuse pour le commerce extérieur britannique post-Brexit, le niveau tactique est énorme. Le discours de Londres est largement fondé sur l’hostilité aux régulations bruxelloises, socles de l’UE. Pour contrer cette entité, le programme britannique est simple: «obtenir l’accès le plus large possible aux marchés du club, protéger sa place forte financière, et assurer la libre circulation des capitaux, des biens ou des services, sans rien donner en échange en matière de droits sociaux ou de libertés des personnes», énumère Aloys Mpessa, un autre internationaliste.

 

Zacharie Roger Mbarga

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