Cameroun-Allemagne : L’arbre diplomatique qui cache la forêt

Sur la thématique de la protection de l’environnement, les deux pays s’épient.

S.E Corinna Fricke lors d’une audience avec le Minepat

On l’a vu chez Hele Pierre et chez Jules Doret Ndongo le 19 octobre dernier. Vingt-quatre heures plus tard, on a noté sa présence chez Alamine Ousmane Mey. Sur la forme, les visites de Christian Ruck chez ces trois membres du gouvernement camerounais pourraient être qualifiées de visites sans contexte. Et pourtant, sur le fond, le facilitateur du Partenariat forestier du Bassin du Congo (PFBC) s’est rendu successivement au ministère de l’Environnement, puis à celui des Forêts et de la Faune et à celui l’Économie, avec un dossier chaud. Selon des sources proches de la chancellerie allemande à Yaoundé, ce périple de Christian Ruck n’en constituait pas moins une occasion pour tester les paradigmes (réduire de 32% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035; restaurer plus de 12 millions d’hectares de forêt déboisée et dégradée d’ici 2030) mis en place par les autorités camerounaises.

Confiance et transparence
Les mêmes sources confirment que le visiteur qu’accompagnait S.E. Corinna Fricke (ambassadrice de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun) a insisté sur des questions qualitatives de confiance et de transparence dans la gestion de l’environnement. À ce sujet, l’on se souvient du clash ayant opposé la partie germanique au Cameroun au sujet de l’ouverture de 68 385 hectares de la forêt d’Ebo à l’exploitation forestière. En son temps, cette actualité avait débouché sur la fermeture du bureau de la Konrad Adenauer Stiftung à Yaoundé. «Il y a beaucoup de travail à faire. Nous nous réunirons à Kinshasa en décembre prochain pour préparer de grandes conférences internationales en 2021. Ce sont les Sommets sur le climat, la biodiversité et les forêts, dont les décisions vont influencer le développement des forêts du Bassin du Congo», a déclaré Ruck, cité par le quotidien Cameroon Tribune du 23 octobre 2020.

Dans le même média, le PFBC fait usage d’un langage diplomatique pour parler de l’exemple que doit afficher le Cameroun dans le pilotage des dossiers environnementaux: «notre grande tâche et effort doit être de négocier un juste équilibre entre le monde et la deuxième plus grande forêt tropicale humide du monde — les forêts du Bassin du Congo — et aussi de concilier développement et conservation. L’objectif est d’assurer la fonctionnalité de la deuxième plus grande forêt tropicale humide du monde et d’assurer le développement des pays et des populations du Bassin du Congo».

Ongoung Zong Bella

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