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Business de la brocante à Yaoundé : L’activité brocardée par la vie chère

Les coûts de transport maritime et les tarifs douaniers ont fortement contribué à l’inflation des appareils et autres. Les brocanteurs sont aux abois depuis la nouvelle année.

Brocante cherche preneurs

Une randonnée dans les différents points de vente de la brocante à Efoulan (Yaoundé 3), Biyemassi (Yaoundé 6) et Nkomkana (Yaoundé 2) permet de toucher du doigt les dures réalités de cette activité commerciale. Les prix des appareils et ustensiles vendus ici et là sont en hausse vertigineuse. Conséquence immédiate: le business n’attire plus les clients. «Vous pouvez le constater, la boutique est vide et c’est comme ça tous les jours de la semaine. Les clients se plaignent de la cherté des appareils», regrette Viviane Mimba, vendeuse. «Les clients s’étonnent de l’augmentation des prix des appareils qui, selon leurs dires sont, ramassés dans les poubelles de l’Europe. Ils considèrent que ces objets d’occasion ne sauraient se vendre à un prix onéreux», s’indigne-t-elle. «En Europe, il y a une société qui s’occupe du ramassage de tous les objets jetés par les foyers. C’est elle qui procède au tri et c’est cette elle qui vend les appareils d’occasion et autres objets aux africains, on ne les ramasse pas comme l’imagerie populaire le pense» explique Viviane Mimba. «Tout ce que vous voyez dans ce magasin est acheté cher en Europe. Le frigo, on l’achète sensiblement au prix de 80000 FCFA, et il faut voyager avec pour le Cameroun, on est obligé de le revendre à 120000 FCFA ou 150000 FCFA puisque le transport maritime a aussi augmenté, on ne peut pas vendre pour perdre», fulmine la vendeuse.

Les tarifs douaniers
Lorsque le conteneur arrive au port de Douala, le transport est déjà coûteux. A cela, il faut ajouter les tarifs douaniers qui asphyxient. «Dès que le conteneur arrive, il faut le dédouaner, et les frais sont passés du simple au triple, avant, les frais de la douane s’élevaient à 4 millions FCFA. Mais, à l’heure actuelle, ils sont passés à 10 millions FCFA, les douaniers ne nous laissent pas tranquilles; du coup il n’est plus évident pour nous les revendeurs de ne récupérer que le capital. On tente d’expliquer cela aux clients; ils ont du mal à digérer, le business est mort, certains de mes confrères ont fermé», explique Dieudonné Angelo Bayiha, vendeur. L’activité est à la traine: «la marchandise dans ce magasin est importée depuis le mois de décembre 2022, rien ne se vend, et le plus dur est qu’on doit supporter les charges de la location du magasin, il faut subvenir aux besoins de la famille, il faut payer d’autres taxes. On joue au maintien pour ne pas fermer boutique; on va faire comment?», s’interroge Dieudonné Angelo Bayiha.

Les incertitudes
Le business de la brocante subit les affres du contexte économique national et international. Il y a en plus les incertitudes qui planent sur les appareils d’occasion d’Europe. «Maintes fois, nous nous retrouvons face à des situations très compliquées avec les clients. En achetant l’appareil, il fonctionne. Mais arrivé à la maison, l’appareil ne fonctionne plus. Tout cela a fortement contribué à écorner l’image de la brocante», raconte Jean Atangana. «Les clients préfèrent acheter leurs appareils neuf et chers dans une boutique avec la garantie. Plutôt que de prendre le risque d’acheter la brocante chère sous prétexte qu’il s’agit des appareils de marque d’origine, et de finir plus tard devant les officiers de police judiciaire (OPJ); tout ceci concourt à décrédibiliser la brocante».

Olivier Mbessité

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