Budget des CAN 2019, 2021 et 2023 : Le Cameroun et la Côte d’Ivoire plus forts que l’Égypte

Pour le même cahier de charges, ces deux pays ont respectivement investi 390 milliards FCFA et 500 milliards FCFA. Bien loin des 18 milliards FCFA injectés dans la compétition par le pays des Pharaons.

Une vue du Stade Olympique ivoirien d’Ebimpé

Le Cameroun et la Côte d’Ivoire ne lésinent sur aucun moyen pour offrir à l’Afrique et au monde la plus belle fête du football continental. Cette ambition induit naturellement, pour chacune de ces deux grandes nations africaines, la nécessité de construire des infrastructures sportives toujours plus belles et toujours plus impressionnantes. Dans cette course au grandiose et à la magnificence, le risque est d’exploser les budgets alloués à l’organisation de cette compétition.

Le cas du budget des éditions 2021, au pays des Lions indomptables et 2023 au pays des Éléphants, est là pour le démontrer. Il s’élève à «plus de 600 millions d’euros», soit 390 milliards FCFA pour le Cameroun, selon Jeune Afrique du 4 février 2020. Tandis qu’il se situe pour la Côte d’Ivoire à «plus de 500 milliards FCFA d’investissement en infrastructures», à en croire Yao Lydie. La directrice de communication du ministère ivoirien des Sports au cours d’un point de presse le 22 septembre dernier. Dans les deux cas, l’enveloppe budgétaire mobilisée est infiniment plus volumineuse que celle de la 32ème Coupe d’Afrique des nations. L’édition 2019 chez les Pharaons n’a en effet coûté au contribuable égyptien que «300 millions d’euros (soit près de 18 milliards FCFA seulement)», selon ce qu’a indiqué le 21 juin 2019 France 24.

L’étalon Pharaon
17 milliards 260 millions FCFA ont donc suffi à l’Égypte pour satisfaire aux exigences de la CAF et organiser en urgence l’édition 2019 de la CAN. C’était en remplacement du Cameroun bénéficiaire d’un glissement de date. Or, le cahier de charges imposé depuis cette édition de la compétition par la Confédération africaine de football (CAF) est très exigeant.

Il s’agit pour chaque pays hôte de se préparer à recevoir 24 nations qualifiées pour la phase finale de la CAN. Le Comité local d’organisation se doit alors de présenter «un minimum de 8 stades de compétition pour les candidatures individuelles ou un minimum de 6 stades de compétition pour les candidatures communes (Co-organisation). Il s’agit de deux stades de compétition d’une capacité minimale de 15 000 spectateurs; un minimum de deux (2) stades d’une capacité minimale de 20 000 spectateurs; un minimum de deux (2) stades d’une capacité minimale de 40 000 spectateurs», précise l’instance faîtière du football continentale.

En outre, «chaque site doit posséder deux (2) terrains d’entraînement (de gazon naturel), ainsi qu’un (1) terrain d’entraînement de réserve (gazon naturel) qui pourra être utilisé en cas d’urgence. Chaque site hôte doit avoir un terrain d’entraînement additionnel pour les arbitres», exige encore la CAF.

Pour alors expliquer «la petitesse du budget» de l’édition égyptienne, journalistes sportifs et experts s’accordent pour dire que le pays des Pharaons présente de nombreux avantages sur les deux autres nations. D’abord, «l’Égypte n’a eu que six mois pour se préparer, ce qui fait qu’il n’y a pas eu trop dépenses à faire», commence par indiquer Christophe Dansette dans l’édition du 21 juin 2019 de l’émission L’info Eco sur France 24.

Le journaliste poursuit et relève que «l’Égypte avait également un certain nombre d’infrastructures déjà prêtes, comme des hôtels, des stades gigantesques à l’image de celui d’Alexandrie ou proche d’Alexandrie, le stade Borg Al Arab de 86 000 places ou encore l’International Stadium du Caire de 75 000 places». Enfin, il est à souligner que ce dernier stade «a été construit en 1960 sous Nasser et venait d’être rénové». Ce sont ces éléments mis bout à bout qui font de la CAN 2019 la moins coûteuse des trois éditions concernées.

Olembé en plus
Le Cameroun a également investi beaucoup d’argent dans les infrastructures sportives pour pouvoir abriter la CAN 2021. Des informations recueillies auprès de France 24 prétendent qu’il a injecté dans ce projet pas moins de 2 milliards d’euros, ce qui ferait 1 300 milliards FCFA. Jeune Afrique (JA) évalue le montant des dépenses à plus de 600 millions d’euros, soit environ 390 milliards FCFA.

Et parmi les infrastructures sportives qui gonflent la facture, l’on retrouve le Stade d’Olembé. «Le stade Paul Biya (60 000 places) d’Olembé, près de Yaoundé, devait coûter initialement 249 millions d’euros. La facture s’est alourdie, selon les différentes estimations, de 81 à 148 millions d’euros, en faisant le stade le plus cher de toute l’Afrique», pensent savoir nos confrères de JA.

Il est par contre certain que seul le Cameroun va accueillir des matchs dans 7 stades et non pas dans 6 comme dans les deux autres pays. Bien plus, le pays des Lions indomptables a fait sortir de terre un autre joyau architectural de 50 000 places à Japoma dans la capitale économique. Les travaux de «construction sont réalisés par le consortium américano-turc AFFLC-Aecom-Yenigun Construction Industry. L’addition s’élève à environ 138 millions d’euros», indique encore Jeune Afrique. Toujours à Douala, «la rénovation du stade de la Réunification devrait au total se chiffrer à 97 millions d’euros. Le financement a été assuré grâce à des contrats signés avec les banques britannique Standard Chartered Bank et allemande Deutsche Pfandbirefbank», à en croire le magazine d’information.

Éléphants en or
La directrice de communication au ministère ivoirien des Sports a révélé au cours d’un point de presse le 22 septembre dernier en Côte d’Ivoire que «depuis l’indépendance de notre pays, c’est exceptionnel, plus de 500 milliards d’investissements en infrastructures sportives, d’hébergement y compris les investissements connexes, voirie, aéroportuaires et plateaux techniques sanitaires seront réalisés». Ce montant publié par les autorités ivoiriennes fait, en l’état, de l’édition 2023 de la Coupe d’Afrique des nations, la plus chère de toutes les CAN.

Et pour cause, 133 millions d’euros sont destinés aux travaux de réhabilitation du stade olympique d’Ebimpé d’une capacité de 60 000 places; 118 millions d’euros sont consacrés au Stade de San Pedro de 20 000 places; 120 millions d’euros sont également prévus pour la réhabilitation du Stade de la Paix à Bouaké; et 84,5 millions d’euros sont affectés à la construction d’un stade de 20 000 places à Yamoussoukro. Ceci sans parler des travaux de réhabilitation du Stade Felix-Houphouët-Boigny.

Presvualie Ngo Nwaha (stagiaire)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *