Beral Bemba : La Carte Rose Cemac à la quête des financements alternatifs

Le secrétaire général permanent de la Carte rose Cemac présente les conclusions des travaux de la 20e session extraordinaire de la Carte rose Cemac, tenue à Douala en mi-juillet 2019.

Que peut-on retenir à l’issue de la 20e session extraordinaire du Conseil du bureau de la carte rose Cemac ?
La 20e session s’est terminée par 11 résolutions très simples. Au niveau des bureaux nationaux, nous avons adopté une plateforme pour que chaque bureau national s’y adapte et cela permettra au secrétariat permanent de disposer des statistiques très fiables pour retracer la vie de l’institution. C’est ce que nous avons appelé l’harmonisation des rapports des bureaux nationaux. Ça fait 24 ans que la Carte rose existe, 24 ans dans la vie d’une institution, ce n’est pas rien ; mais dans la vie d’un individu, c’est l’adolescence, permettant de réfléchir et de prendre des résolutions dans la vie. On s’est rendu compte que nos textes étaient un peu en déphasage avec l’évolution de la Cemac, et là nous avons aussi harmonisé nos textes juridiques à ceux de la Cemac. Il y a aussi la résolution relative à la recherche des financements. Nous émettons des cartes que nous envoyons aux bureaux nationaux qui les vendent aux compagnies d’assurances.

C’est la seule source de financement. Vous comprendrez aisément qu’au niveau de la Cemac, chaque pays a ses particularités. Le Cameroun, qui est le plus grand pourvoyeur de la Cemac, traverse aujourd’hui une grande crise au niveau du Sud-Ouest. Ces évènements jouent sur nos recettes, rendant plus difficile l’écoulement de la Carte rose. La situation dans l’Extrême-Nord, avec le phénomène de Boko Haram, a également une grande influence sur nos recettes. Le même phénomène se passe avec l’insécurité en République centrafricaine. Le Gabon et le Congo ne traversent pas de crise. En Guinée Équatoriale, l’assurance n’est pas obligatoire, ce qui rend les commandes très compliquées. Telles sont les raisons qui nous amènent à envisager la recherche des ressources additionnelles de financements. Une résolution a été prise dans ce sens pour nous permettre de faire une mission auprès de la Commission de la Cemac à Malabo, afin de discuter avec les plus hautes autorités, car nous avons besoin d’aide. Il faut reconnaitre que nous sommes la seule institution qui ne reçoit pas de subvention de la Cemac. Nous vivons essentiellement des recettes de la Carte rose Cemac.

Comment entendez-vous implémenter ces résolutions ?
Nous faisons confiance à l’institution. Nous avons également confiance en nous-mêmes. Nous faisons confiance à ceux qui l’ont créée. Nous faisons confiance au Conseil des ministres et à nos bureaux nationaux. Il ne revient pas seulement au secrétaire général permanent de le faire. Nous mettrons à contribution tous les organes ; ensemble, nous mettrons en pratique les résolutions de la session de Douala.

Avec le « mur de l’intégration » que les autorités équato-guinéennes érigent à la frontière avec le Cameroun, cela ne constituera-t-il pas un obstacle pour la Carte Rose ?
L’intégration était difficile au départ, mais depuis quelques années, elle est effective. En effet, il y a trois ou quatre mois, nous étions à Libreville. Je suis sorti de l’aéroport de Libreville comme je suis sorti de l’aéroport de Douala, comme de l’aéroport de Ndjamena. Le visa n’existe plus. C’est la même chose que nous avons ressentie à Malabo. Des progrès sensibles sont en train d’être faits.

Interview réalisée par Alain Biyong

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