BEPC 2019 : Nalova Lyonga efface le rattrapage

La ministre des Enseignements secondaires (Minesec) estime que le nombre d’absents à l’examen sur l’ensemble du territoire national ne saurait induire une session spéciale.

Pauline Nalova Lyonga

À cause d’un prétendu « glissement » dans le calendrier des épreuves du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), seules « deux absences ont été enregistrées sur toute l’étendue du territoire national, sur 287 385 candidats inscrits ». Sur la base de ces statistiques contenues dans un communiqué qu’elle publie ce 13 juin 2019 à Yaoundé, la Minesec est loin de valider l’option d’une session de rattrapage pour ledit examen. « Ces absences seraient imputables à la mauvaise appréciation, par ces candidats, de la date de la fin du ramadan qui est fixée par les autorités religieuses compétentes », avoue Nalova Lyonga, confortée par les listes quotidiennes des présences des candidats dans les centres d’examens, couplées au listing généré grâce au paiement électronique des frais d’examen. Sans le dire clairement, la ministre entend clore la polémique née de l’imbroglio généré par des rumeurs nées d’informations erronées ou incomprises. Celles-ci ont fleuri sur les réseaux sociaux. Aussi absurde que cela paraisse, certains internautes ont pris la phrase au premier degré et l’ont partagée telle quelle.

Pression
Au sein de l’opinion publique, le grand nombre de candidats est démontré et les chiffres du Minesec sont « scientifiquement » démentis. Candidats et parents se mobilisent pour justifier leurs points de vue. La moindre donnée chiffrée sur la session 2019 du BEPC est exploitée politiquement, quitte à s’appuyer sur des variables qui se contredisent. Sur les réseaux sociaux, certains précisent qu’au moins 8 000 candidats ont raté leur examen. Certaines plateformes s’activent dans la fabrication d’indicateurs statistiques destinés à mettre en visibilité des enjeux de la validation d’une session de rattrapage. Dans leur travail, les uns et les autres fabriquent des outils de preuves du caractère erroné de la démarche ministérielle. Par la diffusion répétée des chiffres, ils invitent Nalova Lyonga à appréhender le problème et essayer d’agir dessus.

Jean René Meva’a Amougou

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