La Beac pour superviser la fusion des bourses de la Cemac

 

Le communiqué final de la 4ème session ordinaire du Comité de pilotage (Copil) et du Programme de réformes économiques et financière de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (Pref-Cemac), réunis à Douala (Cameroun) le 02 février dernier, est sans ambages.

Après avoir examiné le rapport du groupe de travail sur la fusion des deux bourses et l’approfondissement du marché financier de la Cemac, «le Copil a décidé de confier le pilotage du processus de fusion des marchés financiers de la Cemac à la Beac».

Alors que tous les observateurs s’attendaient à une responsabilisation de la Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale (Cosumaf, le régulateur sous régional), les ministres prennent donc de court la plupart des analystes et experts financiers. Pour plusieurs d’entre eux, le choix de la Banque des États de l’Afrique centrale comme autorité de fusion obéirait à une logique d’éloignement de tout conflit d’intérêt. Jugeant qu’en l’absence d’un acte additionnel qui organiserait la fusion, aucune décision n’a été prise sur le format de la nouvelle autorité de régulation. Faux ! Rétorque un autre courant d’analystes qui voit en cette décision, l’augmentation de pouvoir du futur dépositaire. En effet, en ayant une parfaite maîtrise de la conception de la structure boursière, la Banque centrale pourrait influencer les structures de capitalisation boursière.

 

Coopération

Un premier draft sur le cadre juridique, institutionnel et technique nécessaire à la création d’une bourse nouvelle a été présenté au président en exercice de la Cemac. Mais, son contenu demeure frappé du sceau de la confidentialité. On sait néanmoins qu’à l’issue de la réunion de Douala, «le Copil a demandé qu’un accord de coopération et de reconnaissance mutuelle entre la Cosumaf et CMF (Commission des marches financiers, le régulateur de la bourse camerounaise) soit conclu sous quinzaine pour permettre que les opérations autorisées par chacune d’elles soient exécutables dans toutes la zone Cemac».

L’enjeu d’une fusion n’est plus à démontrer. L’étude commise par le cabinet Roland Berger, mandaté par la Cosumaf, démontre que l’intégration du marché financier de la Cemac pourrait générer 1 000 milliards de francs CFA de financement dès 2020. Ce qui représente une aubaine pour des pays de la communauté à la recherche de Fonds pour la réalisation de leur programme économique. À titre d’illustration, pour un pays comme les États-Unis d’Amérique, le financement de l’économie par les marchés financiers représente 80% de ressources.

Zacharie Roger Mbarga

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