BEAC: Plus de 62 milliards en moins sur les bénéfices en 2018

Les comptes annuels de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) ne sont pas bons. Au 11 avril 2019, ils ont indiqué que cet institut d’émission des six États de la Cemac a réalisé un résultat net positif de 14,4 milliards de francs CFA, au terme de l’année 2018.

Ce résultat est très en deçà des 77,1 milliards de francs CFA de bénéfice engrangés au cours de l’année 2017. Les spécialistes de la finance expliquent cette contre-performance par la baisse des produits sur les placements réalisés par la salle des marchés, avec l’arrivée à échéance en janvier, avril et juillet 2018, de trois lignes de titres du portefeuille investissement.
Selon un rapport repris par le magazine Investir au Cameroun, la BEAC affiche une posture de prudence et de maîtrise du risque. Au cours de l’année 2018, la banque a décidé de «ne pas constituer un nouveau portefeuille d’investissement, compte tenu du ratio de couverture des réserves de change à 2,4 mois, inférieur au seuil cible de trois mois fixé par le Comité de politique monétaire».

Il est à noter que la courbe des bénéfices de la BEAC décroît depuis le record de 164,17 milliards de FCFA réalisé en 2016. Les experts y voient un repli des produits sur les avoirs extérieurs de sa zone d’émission, qui constituent sa première source de revenus. De 310 milliards de FCFA en 2016, ils sont passés à seulement 156,7 milliards de FCFA à la fin de l’année 2017.
Les performances baissières de la BEAC surviennent dans une conjoncture morose pour la Cemac. La sous-région dans son ensemble a connu une année 2017 difficile, marquée par une croissance du PIB négative (-0,1%).

Alors que baisse le produit des avoirs extérieurs, le conseil du Fonds monétaire international invite la Banque centrale à supprimer les avances statutaires au bénéfice des États et «envisager un nouveau durcissement de la politique monétaire». Ce qui risque d’être difficile à suivre, car au final, ce sont les placements sur le marché monétaire local qui soutiennent le plus sa rentabilité.

Jean-René Meva’a Amougou

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