Banditisme au Cameroun : instrumentalisation au féminin pluriel

Entre agressions dans les taxis, pickpockets et autres méfaits, les femmes sont de plus en plus utilisées comme appât par les réseaux mafieux ou de délinquants.

 

Alain, jeune étudiant en médecine, a été victime d’une agression voici deux ans dans un taxi. L’un de ses «bourreaux» était une «belle et jolie jeune femme», lance-t-il avec désolation. Heureusement pour lui, il s’en est sorti. Mais le souvenir demeure. «Au départ lorsqu’elle a commencé à me demander de donner tout ce que j’ai, je n’y ai pas cru. Il a fallu qu’elle sorte un poignard et que son compagnon me tienne en respect en faisant pression, puisque j’étais assis entre les deux», se souvient-il tristement.

Agressions dans les taxis
«Dans la plupart des cas d’agression, la femme séduit la victime pour l’amener vers l’agresseur. Et dans les agressions perpétrées dans les taxis, sa présence vise à rassurer la potentielle victime», dévoile Fongang K, membre des forces de l’ordre. Une telle manœuvre, apprend-on, vise à déconstruire l’idée selon laquelle «un taxi dans lequel il n’y a que des hommes est un taxi de bandits», explique le policier.

Drogues
Présentes sur tous les fronts, elles sont également très actives dans la commercialisation de la drogue et autres psychotropes. À Douala en octobre dernier, une femme, membre d’un gang a été appréhendée avec ses complices. Celle qui prétendait vendre de l’eau officiellement, écoulait du cannabis officieusement à ses clients. Lors de l’arrestation, le gang possédait d’ailleurs 50 Kg de cannabis.

Pickpocket
Autrefois connues pour de simples vols dans des poissonneries, boutiques…, les «femmes gangsters» innovent dans les actes de banditisme. Au quartier Emombo deuxième, elles sont désormais des «pickpockets» professionnelles sur la voie enclavée. «Une adolescente sans maquillage, en jean, sweat-shirt et baskets, avec de longs cheveux épais, bijoux clinquants, vernis rouge écaillé sur les ongles, regard appuyé, a fait l’objet d’un signalement pour vol de matériel multimédia appartenant à un passager à bord d’un corbillard immobilisé au milieu d’un nid de poule. Une vraie irrévérence! Dans sa fuite, elle a projeté un vieillard qui a fait
une chute mortelle», témoigne un enquêteur de la brigade de gendarmerie dans l’édition 584 de notre journal.

Vol de bébé
En plus des exactions, sus – évoquées, les femmes excellent également dans le vol de bébés dans des formations hospitalières. «La plupart d’entre elles travaillent dans des réseaux de trafic des bébés», souffle un membre des forces de l’ordre sous anonymat. Et la liste n’est pas exhaustive. Les femmes continuent d’explorer d’autres modes de criminalités. Difficile de donner des chiffres à ce sujet.

Joseph Julien Ondoua Owona

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