Baisse des réserves de change prévue en 2020 en zone CEMAC

Les prévisions de Moody’s pourraient bien relancer le débat sur la dévaluation du FCFA en Afrique centrale.

Dans une analyse publiée récemment sur les perspectives économiques dans la sous-région en général et au Cameroun en particulier, l’agence de notation américaine présente une situation plutôt inquiétante. Selon cette dernière, «les réserves de change de la Cemac, estimées à 8,8 milliards de dollars américains au 10 mai selon la banque centrale, pourraient baisser à 4 milliards de dollars américains d’ici la fin de l’année». Si cette prévision venait à se confirmer, la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale se retrouverait durement impactée. Elle ne pourrait désormais plus assurer «une couverture des importations par les avoirs en compte d’opération au-delà de 1,6 mois».

Pour expliquer une telle perspective, Moody’s s’appuie, entre autres paramètres et données, sur les effets de la crise sanitaire liée au Covid-19. D’après ce que l’agence de notation croit percevoir, «une combinaison des facteurs comprenant la baisse des prix du pétrole (70% des exportations de la sous-région) et celle des autres matières premières vendues notamment par le Cameroun (bois, cacao, café, aluminium, caoutchouc) entrainera une baisse des revenus extérieurs», fait-elle alors prévaloir. Au demeurant, l’organisme américain a indiqué avoir placé le Cameroun, le leader de la sous-région, en observation. Sa note souveraine est, depuis le 20 mai dernier, désormais «placée sous révision, avec risque d’un abaissement».

Même si les marges de manœuvre sont de plus en plus limitées, la Cemac dispose quand même de quelques bouées de sauvetage. Mise à part la garantie de la France prévue par les accords de coopération monétaire, l’Afrique centrale peut aussi s’appuyer sur les ajustements budgétaires déjà actés et sur la diversification économique. Certains pays comme le Cameroun, le Gabon et le Tchad peuvent du reste déjà se satisfaire de bénéficier de l’initiative des pays du G20 concernant la suspension du service de la dette. Quoiqu’il en soit, et ce jusqu’à ce que les perspectives macroéconomiques de la sous-région retrouvent des couleurs, l’Afrique centrale n’aura pas d’autre choix que de compter sur le Cameroun pour se maintenir à flot. Il faudra alors tenir jusqu’en 2021, date annoncée de la reprise de l’économie mondiale.

TAA

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