Aviation : Yaoundé-Nsimalen fait peur aux Américains

L’ambassade des Etats-Unis au Cameroun estime que cette plateforme aéroportuaire n’offre pas toutes les garanties de sécurité.

Dans la rubrique «Security alert» de son site internet, la chancellerie américaine à Yaoundé a publié une annonce le 9 novembre 2018. Rédigée exclusivement en anglais, ladite annonce instruit les grandes compagnies aériennes américaines de suspendre leurs vols à destination de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Une autre ligne de la même annonce fixe la matérialisation de la suspension à la date du 15 novembre 2018. À partir de ce jour, martèle le message, aucun vol en provenance ou à destination du pays de l’Oncle Sam ne sera enregistré à Yaoundé-Nsimalen.

La suite ne révèle pas une probable «levée». Tout au plus, l’ambassade des États-Unis au Cameroun fournit la motivation de sa démarche : le non-respect des standards internationaux de sécurité par les services aéronautiques locaux. En direction des citoyens américains, l’annonce dicte 4 mesures. Les termes de la première invite les éventuels voyageurs à disposer de documents à jour. La seconde suggère un plan de voyage à partir de l’aéroport international de Douala. La troisième appelle à un monitoring des médias locaux, pour des mises à jour. La dernière conseille l’élaboration préalable d’un plan de voyage pour éviter des désagréments.

Défense
Cette posture américaine intervient alors que les autorités camerounaises brandissent le rapport de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). À en croire Jean Ernest Ngalle Bibehe, le ministre des Transports (Mintransports), le Cameroun respecte les normes internationales de sûreté de l’aviation. Les résultats de l’audit de l’OACI révèlent que le pays a atteint 68,85% de mise en œuvre effective d’un système de supervision de la sûreté de l’aviation, contre 51,12% en 2015, soit une amélioration de 16,70%. Face à la presse à Yaoundé le 24 octobre 2018, le Mintransports se montrait satisfait de ces résultats positifs. Ceux-ci, disait-il alors, démontrent que les actions entreprises par le Cameroun pour améliorer la mise en œuvre des normes de sûreté de l’aviation civile portent leurs fruits. «Ils sont d’autant plus encourageants qu’ils sont obtenus dans un contexte de transition où les actions correctrices sont achevées uniquement à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen et sont en cours de mise en œuvre sur les aéroports internationaux de Douala, Garoua et Maroua-Salak».

Jean-René Meva’a Amougou

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