Avenir du travail : Le Cameroun repense sa stratégie

C’est tout le sens de l’atelier national d’appropriation et de conception de la stratégie nationale sur l’avenir du travail au Cameroun, organisé à Yaoundé, du 22 au 23 octobre 2019.

Une vue de la table des officiels.

Les prochaines décennies, marquées par une mutation accrue vers l’économie numérique, vont bouleverser la structure de l’emploi au Cameroun. Alors que le chômage est au plus haut, comment le pays peut-il espérer se préparer au mieux pour l’avenir? Voilà en résumé le sens de l’atelier national d’appropriation et de conception de la stratégie nationale sur l’avenir du travail au Cameroun. Pendant deux jours à Yaoundé, pouvoirs publics, experts de l’Organisation internationale du travail (OIT), syndicaliste, employés et employeurs sont venus débattre non seulement de l’urgence de la situation, mais également du ton et des outils à adopter pour l’affronter.

Pour Grégoire Owona, il est surtout question de penser le travail autrement, «trouver un supplément d’âme qui redonne envie de se lever le matin». De l’avis du ministre du Travail et de la Sécurité sociale (MINTSS), il convient notamment de repenser le travail et, en conséquence, le temps de travail, les critères de performance et les modes de rémunération.

Tenant l’exemple des employés domestiques et celui des personnels des entreprises de presse locales, l’orateur estime qu’il serait utile d’ouvrir le débat sur les employeurs plus enclins à empêcher les évolutions nécessaires pour s’adapter aux réalités du temps.

Autres pistes
Du côté des organisations des travailleurs du Cameroun, le Code du travail en vigueur dans le pays est devenu tellement étouffant qu’il est aujourd’hui nécessaire de s’en affranchir pour réfléchir autrement, sans barrière, avec audace et créativité. «Appliquons au Code du travail la recette qui fait si souvent le succès des entreprises florissantes; innovons avec un nouveau contrat orienté non plus sur la défense des uns contre les autres, mais sur la personne au travail et la croissance de l’entreprise», a martelé Antoinette Ekwa, une syndicaliste.

Pour sa part, François Murangira (directeur de l’équipe d’appui technique au travail décent de l’OIT pour l’Afrique centrale et du Bureau de pays de l’OIT pour le Cameroun, Sao Tomé et Principe et la Guinée Équatoriale) insiste sur 3 points: l’augmentation des investissements dans les capacités des personnels; l’augmentation des investissements dans les institutions du marché du travail et l’augmentation des investissements dans l’emploi décent.

Jean-René Meva’a Amougou

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