APE Cameroun-Union européenne : Mésentente cordiale autour du démantèlement tarifaire

L’une et l’autre parties n’en finissent pas d’exhaler un parfum de colère au sujet de la suspension de la mise en œuvre de la cinquième phase du calendrier de l’accord qui les lie.

Le Minepat et le patron de l’UE au Cameroun: la flamme et la fumée

Que le courant passe mal entre le Cameroun et l’Union européenne (UE), on le constate ces jours-ci, et un peu plus que par le passé. On n’en est pas encore aux noms d’oiseaux, mais la charge n’en est pas moins d’une violence qui laisse pantois plus d’un. Si l’on en croit «Investir au Cameroun», «en dépit des protestations de l’UE, le Cameroun va maintenir la suspension du démantèlement tarifaire prévu par l’Accord de partenariat économique (APE) qui le lie aux pays de cet espace communautaire».

Dans une publication datée du 11 novembre 2020, le site camerounais d’informations économiques indique que Yaoundé, sous la plume d’Alamine Ousmane Mey, a porté ce message à la partie européenne le 10 novembre dernier. Dans sa correspondance, le ministre camerounais de l’Économie (Minepat) ne s’est pas contenté d’effleurer les sujets qui fâchent. Éclairé par les dispositions de l’article 57 de la Convention de Vienne de 1969 sur les traités internationaux, Alamine Ousmane Mey écrit que «celles-ci permettent en effet, à une partie au traité, de suspendre partiellement ou totalement l’application d’un accord en raison de circonstances irrésistibles et imprévisibles».

Insensibilité
Bien plus, le clairon de Yaoundé sonne la charge en pointant l’intransigeance égoïste de son partenaire européen, qui fait valoir une disposition insensible aux menaces qui pèsent sur l’économie camerounaise. Il s’agit notamment d’«un dommage grave à l’industrie domestique produisant des produits similaires ou directement concurrents sur le territoire de la partie importatrice»; «des perturbations dans un secteur de l’économie, en particulier si ces perturbations engendrent des problèmes sociaux importants ou des difficultés qui pourraient provoquer une détérioration sérieuse de la situation économique de la partie importatrice» ou «des perturbations des marchés des produits agricoles similaires ou directement concurrents ou des mécanismes régulant ces marchés», rapporte «Investir au Cameroun».

Au moment où nous allions sous presse, le gouffre qui sépare les deux parties sur les enjeux de la suspension temporaire du démantèlement tarifaire n’avait pas été réduit d’un centimètre. Dans les couloirs, certains diplomates évoquent un «couac révélateur d’un APE biaisé dès le départ avec une UE décidée à ne pas rogner ses avantages depuis le 4 août 2016, date de la mise en œuvre de l’accord».

Jean-René Meva’a Amougou

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