Ambassadeurs des États-Unis au Cameroun: Les noms en haut de l’affiche

Durant leur mandat à Yaoundé, quelques plénipotentiaires américains ont eu le verbe particulièrement incandescent vis-à-vis du régime de Paul Biya.

Audience d’aurevoir au Palais de l’Unité

Au palais de l’Unité, le 14 juillet 2020, l’image de Henry Peter Barlerin (ambassadeur des États-Unis arrivé en fin de séjour) recevant un cadeau des mains de Paul Biya est un moment où, dans la mise en scène, l’on peine à ne pas insister sur l’amitié entre le pays de l’Oncle Sam et le Cameroun. Au terme de sa rencontre avec le président camerounais, le visiteur s’est vite rendu chez Lejeune Mbella Mbella, ministre des Relations extérieures (Minrex). Là-bas, devant la presse locale, Henry Peter Barlerin a lancé une ou deux phrases. Poussée par certains tabloïdes locaux, l’opinion publique retient que l’agent du service extérieur américain a, une fois encore, eu la dent particulièrement dure contre son pays d’accueil. «Je quitte le Cameroun avec le cœur serré. Mais j’ai hâte de commencer le nouveau chapitre de ma vie. Donc je suis triste et content à la fois», a-t-il déclaré en substance.

Mots inflammables

Jusqu’au moment de ses adieux aux autorités camerounaises, rien n’a eu Henry Peter Barlerin à l’usure. Son verbe est resté incandescent. Dans une interview parue dans le quotidien Le Messager du 16 juillet 2020, le désormais ex-ambassadeur des États-Unis au Cameroun est sans tabous sur certains sujets ayant meublé son bail à Yaoundé. «Le gouvernement du Cameroun n’a pas répondu aux accusations crédibles de violations flagrantes des droits de l’Homme par ses forces de sécurité. En raison de ce manquement, les États-Unis ont retiré leur assistance discrétionnaire, avec pour conséquence la réduction des programmes d’aide militaire et le retrait de l’accès préférentiel aux marchés américains», soutient-il.
Il faut dire qu’avant lui, les rapports dressés par 4 autres ambassadeurs américains à Yaoundé avaient des lignes saignantes. En effet, l’on se souvient de Myles Robert Rene Frechette qui a officié au Cameroun entre 1983 et 1987. La chronique retient que c’est lui qui interpela Paul Biya sur la prise en compte, au plus vite des «cris des Camerounais anglophones. «Si rien n’est fait, ils n’auront d’autre option que la lutte armée», avait-il avisé.
Il y a aussi Mme Frances D Cook, arrivée au Cameroun en 1989. Elle avait ouvertement reconnu la victoire du candidat du Social Democratic Front (SDF) John Fru Ndi, avant même que les autorités compétentes en la matière aient publié les résultats de la présidentielle de 1992. Niels Marquardt (2004-2007) a plusieurs fois dénoncé en public les méthodes de lutte contre la corruption. De son côté, Janet E. Garvey (mai 2007-août 2010) s’était indignée publiquement après la désignation des membres d’Élections Cameroon (Elecam) par le chef de l’État, boudant alors leur prestation de serment. Robert Peter Jackson (2010-2013) a quant à lui critiqué les institutions en charge d’organiser les élections ainsi que la conduite de «l’Opération Épervier».

Jean-René Meva’a Amougou

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