Alain Waha, directeur de Zahra & Associates : « Le technopôle va booster le made in Cameroun »

Une mission économique camerounaise pilotée par le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Mindmidt) séjourne au Brésil depuis le 20 avril, dans le cadre de l’implémentation du projet de technopôle agro-industriel de Ouassa Babouté, dans la région du Centre du pays. L’un des membres de la délégation présente les tenants et les aboutissants de la mission.

Alain Waha, directeur de Zahra & Associates.

 

Le technopôle agro-industriel du Cameroun, en vitrine au Brésil cette semaine, est toujours très mal connu des Camerounais. Présentez-nous ce projet ?

Le projet technopôle agro-industriel est un projet lancé par le gouvernement camerounais et supervisé par le ministère des Mines et du Développement technologique (Minmindt). Le projet consiste en la création d’une zone industrielle de transformation de haute technologie, dotée d’un centre de recherche et de développement de haut niveau international. Il comprendra une infrastructure d’accompagnement, des entreprises et des producteurs de matières premières ainsi qu’une zone commerciale et des services aux entreprises. Le but étant de créer une synergie entre développeurs de savoir-faire et entreprises de production industrielle dans les projets collaboratifs et innovants. Ceci passe par la valorisation des intrants agricoles issus des agropoles et de la production séculière. Il est question de mettre sur pied un processus de valorisation de nos chaines de valeurs agroalimentaires.

 

Quel est le but de cette mission que vous allez effectuer au Brésil du 20 au 30 avril prochain ?

Le but de notre mission au Brésil est de présenter notre projet de technopôle agro-industriel aux opérateurs économiques brésiliens. Le but est de susciter l’intérêt de la partie brésilienne dans l’accompagnement financier et technique de ce projet. Il est vrai que des rencontres B2B sont prévues avec des opérateurs économiques brésiliens en plus des visites guidées des technopôles de Sao Paulo.

 

Quelle est l’implication de l’entrepreneur camerounais dans le projet technopôle ?

Je crois qu’il est important de souligner qu’on aura besoin des entreprises locales dans ce projet. Le 19 février 2019, en marge du salon Promote, il s’est tenu une table ronde à l’Hôtel Mont Fébé. Le but de cet évènement était de susciter l’intérêt des investisseurs nationaux et des agro-industries camerounaises, en les amenant à s’intéresser, à prendre une part active au projet de technopôle agro-industriel. C’est donc à bras ouverts que nous allons accueillir les entreprises locales camerounaises. Tout entrepreneur local devrait donc se rapprocher de la direction du développement technologique pour entrer en possession de la fiche de manifestation au Minmidt.

Qu’est-ce qui explique l’absence d’entrepreneurs locaux dans la mission ?

Ce serait maladroit d’y emmener des entrepreneurs parce que les entreprises n’y gagneraient rien. Le gouvernement se rend au Brésil dans un but précis, celui de trouver des investisseurs pour son projet de technopôle. Le technopôle sera, pour l’entrepreneur camerounais, l’endroit idéal pour vendre, proposer ses services, etc.

Quel est le mode de financement ?

Le technopôle va se financer en partenariat public-privé (PPP). Il sera mis sur pied une société de gestion du projet de technopôle. Je ne vous en dirai pas plus, car cela relève de la compétence du Minmidt.

Quelles sont les retombées de ce projet sur les plans économique, social et technologique ?

Permettez-moi de rappeler que c’est le gouvernement camerounais qui a mis en place ce projet et qu’il a fait une étude de faisabilité en amont, sur la base d’un certain nombre de besoins. Sur le plan social, il y aura une réduction significative de l’exode rural, avec la création de plusieurs emplois. Sur le plan économique, le technopôle va transformer 800 000 tonnes de matière première en quatre ans, avec un agrandissement de l’assiette fiscale et une amélioration de la croissance économique. Le technopôle va engendrer la baisse des produits made in Cameroun. Sur le plan technologique, il y aura un transfert de technologie, puisque le technopôle bénéficiera de l’accompagnement de grands centres de recherches internationaux. Ce sera l’occasion pour les jeunes camerounais de se former aux nouvelles technologies.

Propos recueillis par Joseph J. Ondoua Owona, Stg

 

 

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