Agrobusiness : Le Cameroun à l’école brésilienne

Le pays, disent les experts, peut dupliquer la success-story venue d’Amérique du Sud.

Le Brésil, fort de son territoire de plus de 8 millions de kilomètres carrés, est le cinquième plus grand pays du monde et le premier d’Amérique latine. Dans cet immense territoire hérité de l’empire colonial portugais, l’agriculture et l’agroalimentaire ont toujours été des piliers de l’économie. Le pays continue de miser fortement sur ce secteur pour renforcer son développement et conquérir toujours plus de marchés à l’international. En conjuguant la contribution de ce secteur avec celle de l’agroalimentaire, c’est près d’un quart de l’économie qui résulte de l’activité agricole et industrielle en 2017. Et ce chiffre est en évolution constante depuis dix ans. De même, l’emploi dans l’agro-industrie est en hausse. Ce Brésil agricole, très performant, tire sa force d’une géographie favorable: ressources hydriques et foncières abondantes, conditions climatiques.

Partenariat
«Tout cela est disponible au Cameroun. Il y a à parier que ce qui a réussi chez nous peut l’être ici. C’est pour cela que nous nous déployons. Cette diplomatie agricole, vers l’Afrique en général et le Cameroun en particulier, représente l’un des points forts de l’action extérieure d’un Brésil promoteur de ce dialogue Sud-Sud, où le business n’est jamais très loin derrière les discours de partenariat», assure S.E. Vivian Loss Sanmartin, ambassadeur du Brésil au Cameroun. Par le même propos, la diplomate justifie la tenue, ce 26 septembre 2019 à Yaoundé, du séminaire sur l’agrobusiness. Organisée en collaboration avec la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun (Capef) et la société brésilienne IBSS-Agronomy, la rencontre permet à Gilberto Grando, ingénieur agronome brésilien, de présenter les solutions développées dans son pays grâce à la recherche. Au cours d’un long exposé, il envisage des possibilités d’échanges et de partenariats dans le cadre de la modernisation de l’agriculture camerounaise, en plus de la création des chaînes de valeur locales capables de réduire la dépendance du Cameroun aux importations.

Explications
Selon Gilberto Grando, en ces périodes de tensions alimentaires et de dérèglements climatiques, c’est bien l’agriculture qui semble être l’investissement le plus prometteur. «En 5 ans, nous sommes passés de 800 millions à 6,3 milliards de dollars d’actifs industriels liés à l’agriculture», se réjouit-il. Pour un auditoire camerounais, il fait valoir que l’élargissement de l’éventail des cultures joue pour beaucoup dans la croissance des productions et des exportations d’origine agricole. «Cet éventail de cultures résulte de la grande gamme de climats que le Brésil doit à son étendue en latitude (38 degrés). Comme au Cameroun aussi, le dynamisme agricole qu’il démontre tous les jours le remodèle constamment et montre ses énormes potentialités. Il a la particularité de toujours s’adapter à la demande internationale, de faire évoluer ses paysages agricoles ou de pousser toujours plus loin, à l’ouest et au nord, les cultures sur des espaces encore vierges».

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