Afrique de l’Est : Région leader de la résilience économique à la crise

Avec des prévisions révisées de croissance à 1,2% en fin 2020, la violence des répercussions de la crise sanitaire relative à la pandémie mondiale du Covid-19 n’a pas entamé le leadeurship de l’Afrique de l’Est en matière de moteur de croissance sur le continent africain, malgré un secteur touristique fortement fragilisé.

Quelques chefs d’Etat d’Afrique de l’Est en conclave

Les perspectives économiques régionales 2020, pour l’Afrique l’Est, de la Banque africaine de développement (Bad) démontrent qu’elle demeure la région la plus dynamique du continent. Publié le 8 juillet à Nairobi (Kenya), le rapport de l’institution panafricaine de financement du développement indique que l’Afrique de l’Est sera l’une des seules régions du continent à justifier d’un taux de croissance positif en décembre 2020, malgré les ravages du coronavirus. Le rapport fait état de prévisions de croissance de 1,2% en 2020 en Afrique de l’Est, soit une chute d’environ 4% par rapport aux prévisions d’avant Covid-19. Cependant, cette croissance devrait rebondir en 2021 à 3,7% si le virus est sous contrôle d’ici au troisième trimestre de cette année.

Avant la pandémie de Covid-19, la croissance économique de l’Afrique de l’Est pour l’année 2020 était prévue à plus de 5%, contre 3,3% pour le continent et 2,9% pour la croissance mondiale. Les chocs induits par la Covid-19 et une invasion de criquets ont contribué à des pertes d’emplois et à des besoins humanitaires accrus, qui aggraveront la pauvreté et les inégalités de revenus. Dans la perspective la plus défavorable, celle où la pandémie persisterait jusqu’à la fin de 2020, la Banque prévoit une croissance de 0,2% en 2020 pour la région (contre -1,7% et -3,4%).

Diagnostic
Les «perspectives économiques régionales de l’Afrique de l’Est 2020» montrent que la pandémie de Covid-19 affectera les économies de l’Afrique de l’Est à plusieurs niveaux: chute des cours des matières premières et des échanges commerciaux, et restrictions sur les déplacements avec un impact négatif important sur le secteur du tourisme. L’affaiblissement des flux financiers a affecté le solde budgétaire et celui des paiements courants de la région, tandis que les perturbations dans les chaines d’approvisionnement ont pénalisé la production et la distribution des biens alimentaires, note le rapport. Avec la fermeture des écoles, environ 90 millions d’élèves ont été privés de salles de classe.

Appui à la résilience
La Banque a réagi rapidement en apportant, en urgence, le soutien nécessaire pour faire face aux répercussions immédiates de la pandémie de Covid-19. L’institution a notamment fourni une aide de 212 millions de dollars US au Kenya, 165 millions de dollars à l’Éthiopie, 4 millions de dollars au Soudan du Sud, et 10 millions de dollars aux Seychelles.

Le rapport appelle à des mesures urgentes pour amortir les effets de la pandémie de Covid-19, et d’autres chocs. «Les pays d’Afrique de l’Est devraient accélérer le rythme d’une véritable transformation structurelle en passant à une production portée par des activités à plus forte valeur ajoutée qui pourraient limiter leur vulnérabilité aux chocs intérieurs et extérieurs», a déclaré Marcellin Ndong Ntah, un des deux économistes en chef de la Banque en Afrique de l’Est.

Selon Julius Mukunda, directeur exécutif du Civil Society Advocacy Group en Ouganda, les pays de l’Afrique de l’Est, pour favoriser la croissance, doivent investir dans des domaines comme la production alimentaire afin de générer des revenus pour les agriculteurs et les aider à limiter les impacts du Covid-19 sur leur activité.

Bobo Ousmanou

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