ABC-PADER / PROCOTON : Faire parler la terre du septentrion

C’est l’objectif de la coopération trilatérale établie entre le Cameroun, Israël et l’Allemagne.

La Sodecoton en vitrine avec ses produits dérivés du coton

Du 4 au 5 novembre 2020, Gabriel Mbaïrobe était dans la région du Nord-Cameroun. À Garoua, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) a procédé au lancement conjoint ABC-PADER (Programme accompagnement des mutations du bassin cotonnier – Programme d’appui au développement rural)/Procoton. Les deux initiatives ont bénéficié de financements étrangers. La première se déploie grâce à un financement conjoint de l’Union européenne (UE) et de l’Allemagne, évalué à 12 725 milliards FCFA. Grâce à l’Allemagne, la seconde (mise en œuvre dans les trois régions septentrionales du pays) bénéficie d’un financement de 1,9 milliard FCFA.

Dans l’optique de la soutenabilité optimale des deux initiatives, des filières spécifiques sont expérimentées. Il s’agit des filières mangue et anacarde. Selon une note du Minader, quelques opérateurs économiques ont réussi à placer la mangue camerounaise sur le marché international, même si le document révèle la faiblesse des quantités commercialisées.

La filière anacarde à un potentiel pour contribuer à la croissance économique, la création d’emplois et le développement durable au Cameroun, notamment dans les maillons de production du matériel végétal, la conduite des plantations/vergers, la transformation locale et la commercialisation des noix de cajou. C’est une réelle opportunité pour la diversification des sources de revenus des populations à la base, ainsi que pour la diversification des exportations du Cameroun.

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Pour promouvoir le développement de cette filière mangue à travers la professionnalisation des acteurs le long des chaines de valeur, il y a aussi des structures partenaires qui se sont affirmées. À cet effet, l’école technique d’agriculture (ETA) de Garoua, institution publique de formation, expérimente depuis 2018 des formations sur les métiers dans la filière mangue. Les appuis du PADER ont concerné la formation des formateurs et l’installation des ateliers de démonstration (pépinière et verger modèles) pour la formation des apprenants.

Le GIC RIBAOUA, créé en 1995, compte 20 membres, dont 15 femmes. Le GIC exploite 500ha d’anacarde dans le bassin de la Bénoué à Sanguéré. Il s’est fixé comme objectif d’augmenter sa production, de valoriser ses noix en amendes, de créer des emplois en milieu rural et d’améliorer les revenus des populations, en particulier ceux des femmes.

Le GIC RIBAOU produit en moyenne 36 tonnes de noix, vendus au bord des champs avec un potentiel d’augmentation. Il produit également et distribue aux producteurs et productrices de la région une moyenne de 50 000 plants par an.
Cette institution emploie environ 60 hommes et 16 femmes dans les activités de collecte et de transport de fruits, et 40 femmes pour séparer l’amende de la pomme. Environ 25 femmes sont employées au niveau de la chaine de transformation.

Un partenariat fructueux s’est développé, depuis 2013, entre la coopération allemande et la Sodecoton pour la professionnalisation de ses producteurs (plus de 1500) organisés au sein de l’association faitière, la CNPC-C. La GIZ et DEG ont appuyé la Sodecoton dans ses efforts d’augmenter le standard de son coton actuellement certifié «Cotton Made in Africa» (CmiA) et exporté à 98%. Cette coopération a continué avec le soutien du PADER pour la vulgarisation de l’École d’entrepreneuriat agricole et l’appui à la diversification des systèmes de production avec notamment la noix de cajou.

Récemment, un nouveau projet de soutien sur la durabilité, le Procoton sous financement du BMZ a été approuvé et est en phase de démarrage. Ce projet permettra d’accompagner les producteurs dans les bonnes pratiques agricoles durables et sur l’entrepreneuriat agropastoral, d’accompagner le maintien et l’amélioration de la qualité du coton camerounais et d’explorer le potentiel du coton bio.

En parallèle et avec l’accord de toutes les parties prenantes, le BMZ, à travers le Pader II, et l’Union européenne, ont décidé de joindre leurs efforts et de proposer un cofinancement ABC-Pader. Le but est de soutenir le développement socioéconomique, soucieux de la préservation des ressources naturelles, et l’adaptation aux effets de changements climatiques dans le bassin cotonnier du Cameroun. La mise en œuvre de ce programme est attribuée à la GIZ pour la période allant de septembre 2020 à décembre 2024.

Bobo Ousmanou

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