Un million de m3 de bois coupés chaque année

Extrême-nord

Une stratégie destinée à réduire le phénomène a été présentée les 21 et 22 novembre à Yaoundé.

La coopération allemande (GIZ) apporte son soutien aux actions des pouvoirs publics camerounais pour maitriser la déforestation dans l’Extrême-nord à travers une exploitation rationnelle de l’énergie-bois. Dans cette dynamique, un document intitulé «Stratégie de modernisation de la chaine de valeur bois-énergie dans l’Extrême-Nord» a été conçu. Présenté à Yaoundé les 21 et 22 novembre dernier, ce document montre à quel point le commerce du bois a pris une importance dans l’économie de cette partie du pays.

On y apprend par exemple que «la valeur annuelle marchande de la chaine de valeur bois de feu dans la région de l’Extrême-nord se chiffe annuellement à 869 519 tonnes de bois soit un million de m3 évalués à 33,50 milliards de francs CFA» (P.19). Le bois coupé et revendu sert principalement aux rôtisseurs de soya, les brasseries locales de bil-bil, les boulangeries traditionnelles, des grands et petits restaurants de rue, des vendeurs de thé entre autres.

Agir en urgence

La stratégie dont l’objectif est de réduire la déforestation provoquée par cette activité s’appuie sur un programme quinquennal de modernisation de la chaine de valeur énergie-bois dans la région. Ce programme d’un coût de 9 milliards de francs CFA est axé sur la production durable de bois-énergie; de l’exploitation et la transformation du bois-énergie ;  d’un système d’information du marché bois-énergie et l’importation de charbon de bois de l’Est du Cameroun.

En indiquant «que 80% de l’approvisionnement en énergie domestique dans la région de l’Extrême-nord est couvert par le secteur informel», le document montre qu’il y à faire à ce niveau. L’introduction d’une taxation différentielle, et de la participation des bucherons aux campagnes de sensibilisation contre la coupe d’arbres comme moyen de lutte contre le phénomène ne suffiront probablement pas à freiner acteurs illégaux.

Pour la période 2018-2022 que va durer la phase d’implémentation du programme, l’on attend entre autres : «une production supplémentaire de 169 541 m3 de bois-énergie avec valeur marchande potentielle de 4,49 milliards ; des recettes fiscales supplémentaires d’environ 1,52 milliards ; de la réduction de la consommation de 8% équivalent à 352 940 m3. Les ménages urbains et ruraux vont économiser 14,52 milliards de francs CFA grâce à l’utilisation des foyers améliorés. Au total ces mesures permettent l’approvisionnement en bois de 584 456 personnes. D’un point de vue environnemental, on évitera la déforestation de 36 900 ha des forêts naturelles et réduira les émissions de gaz à effets de serre de 5%» (P.96).

 

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