Diplomatie française en Afrique centrale : Paris choisit Yaoundé comme mirador

L’Hexagone vient de fournir des jumelles à un général de corps d’armée afin de mieux contrôler la sous-région.

Thierry Marchand, le nouvel ambassadeur de France au Cameroun

Dans les milieux diplomatiques français et camerounais, bien que l’information soit encore relayée avec des mots qui se cherchent, elle est néanmoins confirmée par Afrique Intelligence (AI). En effet, depuis, le 27 juillet dernier, le média ne laisse planer aucun doute. «Un général va prendre la tête de l’ambassade de France à Yaoundé», écrit AI. Selon la même source, c’est de Thierry Marchand qu’il s’agit. Diplômé de l’académie militaire de Saint-Cyr, ce haut-gradé de l’armée française est passé par la légion étrangère. «Bidasse souvent jugé très politique et très écouté au sein de la Macronie», l’homme qui prendra les commandes de la chancellerie française à Yaoundé en octobre prochain (à en croire des sources bien informées) a fait ses armes à la tête de la Direction de la coopération de sécurité et de Défense (DCSD) du Quai d’Orsay. Les traces de ses états de services sont également repérables au Gabon, en RCA, à Djibouti et en Somalie.

Pour avoir travaillé dans deux pays d’Afrique centrale (Gabon et RCA notamment), le général de corps d’armée Thierry Marchand va débarquer à Yaoundé en fin connaisseur de l’échiquier diplomatico-sécuritaire de la sous-région. Mettant en relation la récente visite d’Emmanuel Macron au Cameroun et la nomination de ce militaire, de nombreux observateurs pensent que Paris entend se mettre au service de sa propre ambition: ne plus être spectateurs des évolutions géostratégiques en Afrique centrale. «Si la notion d’anticipation a toujours été liée au cœur des relations internationales, l’arrivée de Thierry Marchand implique d’en comprendre parfaitement le rôle et les enjeux, au-delà du court terme, plus factuel», explique Anselme Djiongo. Pour l’internationaliste camerounais, «l’Afrique centrale est une zone aussi complexe que vaste». «D’ailleurs, poursuit l’expert, e président Macron n’a de cesse de rappeler l’importance de cette zone pour la France»,

Plus fin, Serge Kayembe soutient que «la nomination d’un général à l’ambassade de France à Yaoundé, la France a une stratégie assez claire et évidente: mettre en œuvre un maillage d’actions avec différents pays de la zone qui peuvent constituer une stratégie diplomatique dans la sous-région». En ce sens, postule encore l’universitaire gabonais, il y a plusieurs axes. «Il y a d’abord, évidemment, l’axe diplomatique consistant à renforcer nos relations avec ces pays. Ensuite, il y a le fait que, ces derniers temps, l’Afrique centrale subit des évolutions géopolitiques lourdes et profondes générées aussi bien par la compétition russe que par l’émergence la percée chinoise. Enfin, il y a le détail selon lequel le Cameroun est le pivot économique et stratégique d’Afrique centrale. À partir du seul Cameroun, l’on peut avoir la température de toute la sous-région. D’où l’érection de Yaoundé en poste mirador», démontre Serge Kayembe.

Ongoung Zong Bella

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