Libération de Basile Atangana Kouna : Le Nord en marche pour un élargissement de Marafa et Cie

Le projet de déclaration à transmettre ce 1er août 2022 au sous-préfet de Garoua 2ème, va mettre en scène la jeunesse de cette partie du pays, bien décidée à faire également sortir des geôles camerounaises, Iya Mohammed et Amadou Vamoulké.

 

Des jeunes de la région du Nord au Cameroun viennent de faire connaître leur intention d’effectuer une marche pour obtenir la libération de certains ressortissants du septentrion. L’annonce relayée par Mimi Mefo Info fait suite aux images ayant tourné en boucle sur les réseaux sociaux au soir du 29 juillet 2022. Elles rendaient compte de ce que Basile Atangana Kouna, ancien directeur général de la Camwaters et ancien ministre de l’Eau et de l’Énergie, venait d’être remis en liberté «sur hautes instructions du chef de l’État». Lesquelles instructions étaient répercutées ce 25 juillet 2022 au ministre d’État, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, par le ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République.

Ferdinand Ngoh Ngoh se faisait en effet fort de «réitérer» à Laurent Esso, «l’accord du chef de l’État en vue de l’arrêt des poursuites engagées contre le nommé Basile Atangana Kouna, (…) l’intéressé ayant intégralement restitué le corps du délit», renseigne un courrier confidentiel parvenu à notre rédaction. Il n’en fallait pas plus pour susciter la réaction de certains Camerounais, parmi lesquels ces jeunes du Nord. Ces derniers se sont notamment souvenus que Marafa Hamidou Yaya, Iya Mohammed et Amadou Vamoulké sont aussi en indélicatesse avec la justice camerounaise. Et que ces ressortissants des régions du septentrion pourraient par le même mécanisme, être également élargis. D’où la marche projetée pour le 12 août prochain.

Le sous-préfet pas encore saisi
Le tweet publié ce 30 juillet 2022 par Mimi Mefo Info renseigne que «des jeunes de Garoua dans la région du Nord entendent effectuer une marche de deux heures». La démonstration de force se fera sous la bannière de «la Confédération des associations des jeunes solidaires du Cameroun (CAJSC)». À en croire le tweet, c’est en cette qualité qu’ils ont adressé une lettre au sous-préfet de Garoua 2ème. En prenant la précaution d’indiquer leur itinéraire. Joint au téléphone, le président de la CASJC confirme bien l’existence du projet de marche.

Mais selon Mohamadou Bouba, «le projet de déclaration (dont il n’a pas voulu livrer le contenu) sera plutôt déposé ce lundi 1er août». Après quoi, «on devra encore attendre que l’administration réagisse. Et en fonction de cette réaction, nous prendrons des décisions en interne, selon les prévisions et la législation nationales, parce que nous sommes une association républicaine», souligne-il. Tout en regrettant que la fuite de ce document «confidentiel» sur les réseaux sociaux ait été le fait de «leur chargé de mission». Aux dires du leader d’association toutefois, «plusieurs autres actions sont prévues après la marche».

Une fois le sous-préfet saisi, sa décision devra vraisemblablement tenir compte du double objectif poursuivi par ces jeunes. À savoir d’un côté, «remercier le président de la République, chef de l’État, chef suprême des forces armées et père de la Nation pour sa générosité. Laquelle a permis de faire cesser les poursuites contre l’ancien ministre Basile Atangana kouna». Et selon le même tweet, «obtenir, de l’autre côté, le même acte de générosité pour Marafa Hamidou Yaya, Amadou Vamoulké et Iya Mohammed».

Le cas Haman Adama
Le ministre Basile Atangana Kouna n’est cependant pas le premier ancien membre du gouvernement à avoir été remis en liberté dans ces conditions. L’opinion publique nationale et internationale se souvient encore certainement du cas Haman Adama. L’ancienne ministre de l’Éducation de base et ressortissante de la région du Nord avait déjà retrouvé sa liberté dans les mêmes circonstances. Il lui avait suffi de restituer à l’État le corps du délit. «Soit 212,5 millions de Francs CFA», rapporte Jeune Afrique du 20 septembre 2013. Ce qui de l’avis de certaines expertises équivaut à un aveu de culpabilité. Tout en représentant une différence de taille avec la situation des autres trois dignes fils du septentrion. Puisque Marafa Hamidou Yaya, Amadou Vamoulké et Iya Mohammed clament toujours leur innocence.

 

Théodore Ayissi Ayissi

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