Dans les stations-service : Le «chômage» carbure

La non-disponibilité du carburant dans ces espaces oblige les pompistes à se déployer dans d’autres postes de travail.

 

Pour beaucoup de pompistes, la pénurie de carburant à Yaoundé est plutôt synonyme de beaucoup plus de travail. Dans le sens où ils sont en alerte de manière permanente. «Dès que tu reçois le coup de fil, tu te rends immédiatement à la station», confie d’emblée l’un d’eux. Pour bon nombre d’entre eux habitués de la pompe, il faut savoir qu’on est redéployé dans un autre secteur. «Le travail est beaucoup plus intense que lors des jours ordinaires, parce que la station ne doit pas avoir l’air d’être abandonné. Donc, je suis obligé de m’occuper d’autre taches comme vendeur dans la boutique», affirme Henri, pompiste dans une station sur la route de Mfou.

Le chef pompiste d’une station à Olezoa, dans le troisième arrondissement de Yaoundé tient également le même discours. «Il y a du travail pour les pompistes, les congés techniques ne sont pas à l’ordre du jour. On fait toujours quelque chose ici». Ce constat est vérifiable dans toutes les stations visitées dans la capitale camerounaise. Tout le monde est présent avec ou sans carburant. Ces pompistes sont recyclés à d’autres fins au sein de la station. Les uns sont désormais derrière les comptoirs des boutiques. C’est le cas d’Angèle à Kondengui. Les autres sont dans la laverie ou dans le service de visite technique. «C’est aussi une bonne occasion pour nous de renforcer les capacités des nouvelles recrues», affirme Paulin Etoundi, chef pompiste dans une station-service à Tropicana. Et allant au bout de sa logique, il dit avoir organisé un atelier de renforcement de capacités.

Dans certaines stations de la ville, l’on ne trouve qu’un seul produit, soit le gasoil, soit l’essence. Au quartier Olezoa, une station implantée-là n’a à première vue aucun client. Mais, les responsables expliquent que le gasoil est présent. «Ce qui fait que tous les pompistes sont là», indique-t-il. Le travail est même plus intense que lors des jours ordinaires, à en croire un pompiste en plein service. Parce que les voitures qui consomment du gasoil sont présentes en permanence. «Nous changeons les équipes en permanence», affirme le chef pompiste. Ceux qui ne sont pas à la pompe se doivent de faire jouer leurs contacts afin que les consommateurs viennent, pour la consommation du gasoil.

Autres activés
Du côté de TKC à Etoug-Ebé à Yaoundé 6, des pompistes sont plongés dans les causeries récréatives. «Si vous voulez les informations, il faut appeler la direction», disent-ils. Il n’est pas question de parler aux médias sans l’aval des patrons. À Ekoumdoum, les responsables expliquent que cette période est plus lourde pour eux. Parce que les clients souhaitent avoir des informations sur quand est-ce que le carburant est disponible. Il leur faut des réponses. Les mêmes explications sont données à Nkolndongo. Nous sommes là dans le 4e arrondissement.

André Gromyko Balla

 

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