Vie chère : Le difficile équilibre de la balance dans les ménages

Vie chère et responsabilités diverses ponctuent le quotidien de Camerounais qui doivent multiplier des stratagèmes pour maîtriser la courbe des dépenses.

La vie se complique chaque jour, on ne peut plus, au Cameroun. C’est le moins que l’on puisse dire face à la continuelle augmentation des prix des denrées alimentaires, des produits de première nécessité et des matériaux de construction. Dans le pays, la situation s’aggrave alors qu’aucune augmentation de salaire n’a été enregistrée ces dernières années pour soutenir la résilience des ménages. L’équation pour plusieurs ménagères se résume donc à réaliser le maximum avec des revenus moindres. Et même d’y mettre de côté suffisamment d’épargnes, tout en veillant à l’exécution des responsabilités sociales de la famille. Maxémilienne Mbock connaît à suffisance cette réalité.

Depuis plusieurs mois, la pension retraite de son époux suffit tout juste à couvrir les besoins alimentaires de la maisonnée de sept personnes. «Je fais beaucoup de calculs pour qu’il y ait à manger ici. Mais ça, ça passe. Le plus dur c’est de couvrir les besoins en médicaments de mon mari chaque mois. Avant, je jonglais, mais depuis quelques temps je n’y arrive plus. J’ai donc demandé à mes enfants ainés de libérer les dépendances et j’ai mis le studio et les deux chambres qu’ils occupaient en location», raconte la quinquagénaire.

Louise Ngo Tonye est ravie de l’embellie de ses finances depuis que ses enfants et elle ont mis en place un système d’épargne efficace au sein de l’unité familiale. «Il y a deux ans, mes enfants ont décidé de mettre chacun 10 000 FCFA de côté chaque mois pour la famille. Six d’entre eux se débrouillent. Le but c’était d’avoir des fonds à disposition au cas où l’un d’eux aurait un projet ou qu’une situation difficile arrive. Quand le marché à commencer à devenir cher, ils ont d’abord demandé de prélever la moitié pour mes besoins, ceux de leur père et de leurs deux petits frères. Jusque-là, c’était dur alors ils m’ont acheté une machine à écraser. Je suis la seule dans mon quartier. Sinon, pour écraser, il faut aller en route. Maintenant, moi aussi je dois cotiser chaque mois», raconte cette habitante du quartier Fougerole.

INS

Les prix à la consommation finale des ménages sur les douze derniers mois ont pris de l’envol dans le pays. Selon l’Institut national de la statistique, les villes de Yaoundé et Douala en sont les plus touchées avec des taux respectifs de 3,5 et 3,3%. Ce qui est supérieur au seuil de 3% admis par les critères de surveillance multilatérale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

Les initiatives comme celles de Louise Ngo Tonye, impliquant tous les membres de la famille en faveur de la résilience économique du foyer, sont très prisées. Chacun y va cependant de son imagination. «Pour les vacances-ci les enfants m’aident. Leur père est mort en début d’année dernière donc on doit se battre en attendant. Moi j’ai repris cette année avec la couture et à la rentrée, je serai à nouveau à l’école où j’enseigne. Je jongle avec les deux, mais j’ai la responsabilisé chaque enfant, mes deux adolescentes grillent le maïs et les prunes au carrefour, elles vendent aussi les mets de pistaches de 200 et 300 FCFA. Leur petit-frère vend les arachides devant la maison. L’argent qu’il gagne c’est pour leur petit déjeuner. Mais l’argent des ainés doit acheter leurs sacs d’écoles, et les chaussures. Pour la pension, l’école fait des prélèvements mensuels», raconte Christine B.

 

Louise Nsana

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