Le casse-tête des professionnels du bâtiment : ce qui s’apparentait déjà à une crise dans le secteur du bâtiment est amplifié par la guerre en Ukraine.

Le phénomène inquiète les professionnels du bâtiment. Les devis déjà établis subissent une fracture, du fait de l’augmentation sans cesse croissant des prix.

«Les professionnels en possession de commandes font face à une hausse des prix de l’essentiel des matériaux de construction. C’est une situation inédite qui bouleverse toutes les prévisions en matière de budget dédiés aux approvisionnements, mais aussi en termes de délai de livraison des travaux», explique Simplice Feuzeu Feugang, Ingénieur de Génie civil.

Une action coordonnée de l’ensemble des acteurs, des fournisseurs aux clients finaux en passant par les constructeurs et artisans, s’impose. Pour le cas spécifique des travaux de maîtrise d’ouvrage privé, plusieurs promoteurs ont procédé à la suspension des travaux, d’autres ont décalé pour une date ultérieure le démarrage des travaux. C’est dans l’espoir d’un retour imminent des prix à la normale, créant ainsi une baisse d’activité chez les entrepreneurs. «La situation est devenue très difficile et très compliquée pour nous. Lorsque le client t’approche et que tu fais le devis et lui fais comprendre que les matériaux sont chers, il a toujours en tête que tu veux le tromper», confie Abbedi, entrepreneur.

A priori, le secteur privé n’est pas pour autant impacté, car les tarifs des devis signés peuvent être revus contrairement aux marchés publics (Faux, il y a des avenants en cas de changement des conditions d’exécution du contrat administratif). Pour certains professionnels, la rénovation est davantage plus privilégiée, car la construction d’un bâtiment neuf implique un investissement très lourd.

Tout métier ayant ses risques, «des cas de litige ne sont pas à exclure notamment pour des prestations comprenant à la fois des approvisionnements et la réalisation des travaux. Dans le cas notamment où le contrat signé par les parties fait mention de ‘‘prix fermes et non révisables’’ ou pour lequel aucune disposition relative à la révision des prix n’est prévue», explique Simplice Feuzeu.

Secteurs impactés
Le segment le plus impacté par la hausse des prix dans le secteur du bâtiment est sans aucun doute celui du gros œuvre: béton, maçonnerie en élévation de parpaings, béton armé, couverture de tôles. En effet, «plus de 65% du coût des matériaux de structure et de l’enveloppe du bâtiment sont faits du ciment et du fer à béton. À la différence des revêtements des sols, des murs et des plafonds où les prix varient selon une large gamme des produits. Il s’agit ici des matériaux où les constructeurs n’ont que très peu de choix à faire. Le reste des 35% étant réservés aux granulats, au bois de coffrage et d’échafaudage», argumente l’ingénieur. À l’évidence donc, les résultats d’exploitation des chantiers s’annoncent beaucoup plus faibles, voire pire.
DK

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