Rentrée scolaire: les jeunes y pensent déjà

Loin de leurs familles et soumis aux intempéries, les jeunes vacanciers exercent de petites activités lucratives. C’est dans l’optique de répondre certes à leurs besoins existentiels, mais aussi de donner un coup de main aux parents concernant l’achat des fournitures scolaires

Ce sont les grandes vacances à Yaoundé. Dans les artères de la capitale politique, l’on observe une prolifération des petites activités commerciales, à l’instar de la vente de bonbons, du maïs à la braise ou bouillie, et des arachides à la coque entre autres. Et ce sont les jeunes filles et garçons scolarisés qui s’adonnent à cœur joie à ces activités. L’objectif est de préparer la prochaine rentrée scolaire. Les vacances pour ces derniers ne sont point un moment de répit. Sous la pluie et le soleil, ces jeunes dans un esprit de combativité et de résilience aident leurs parents comme ils peuvent. «Mes parents n’ont pas suffisamment de moyens pour pouvoir s’occuper de moi à la prochaine rentrée scolaire, je suis contraint de vendre des bonbons pour pouvoir garder un peu d’argent», confie le jeune Timothée Barka, élève admis en classe de 4ème enseignement général. Agé de 16 ans, il poursuit: «je suis né dans une famille de 7 enfants et du coup je suis contraint de me battre, de vendre les bonbons pour subvenir aux besoins de mes cadets et à mes besoins quotidiens, puisque le père n’est pas stable, il est un vendeur ambulant. J’ai commencé cette activité il y a deux semaines déjà après le départ pour les congés». Le jeune Etienne Lada originaire de l’Extrême-Nord (Maroua) va dans le même sens. Admis en deuxième année technique, le jeune de 14 ans tient le pari de financer ses études. «Je vends les bonbons et autres pour payer mes cahiers le moment venu. Nous sommes très nombreux dans une famille de 7 enfants aussi et dans un tel contexte, mes parents ne peuvent pas s’occuper de moi normalement, au vu de l’absence de moyens».

Revenu journalier
Le commerce n’est pas facile, néanmoins par jour, ils disent pouvoir vendre 3000 FCFA, ou 2500 FCFA. Bref, les ventes sont fonction des conditions climatiques. «C’est dans les ventes que nous parvenons à faire des économies. Par jour, je garde la somme de 1000 FCFA dans la caisse et j’injecte le reste dans le capital pour acheter la marchandise, voilà un peu comment on essaie de faire des économies pour la prochaine rentrée scolaire. Si je parviens à garder cette somme durant les trois mois, je pense que j’aurai de quoi financer une partie de mes études, et les parents pourront compléter avec ce qu’ils ont», confie Nivelle Grace Tsafack, vendeuse ambulante de papiers hygiéniques à la Poste centrale de Yaoundé. Elle est âgée de 18 ans et est en classe de Terminale C. Issue d’une famille de 6 enfants, elle prépare sa rentrée universitaire au cas où elle obtient son Baccalauréat. «Si j’obtiens mon baccalauréat, je vais continuer mes activités jusqu’au mois de septembre et démarrer ma rentrée universitaire en toute sérénité au mois d’octobre prochain. Le quotidien n’est pas facile, mais j’essaie à mon niveau de tenir le coup, car ce n’est pas facile à la maison», conclut-elle.

Olivier Mbessité

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