Cameroun-RCA: de nouvelles bornes à la frontière commune

Elles ont vocation à délimiter le tracé et à renforcer la coopération et la sécurité transfrontalières. Les unes sont physiques, tandis que les autres se présentent sous la forme de recommandations formulées par les experts des deux pays du 13 au 15 juin dernier à Yaoundé

«L’organisation des descentes conjointes des experts du Cameroun et de la RCA en vue de reconnaître et d’évaluer la frontière commune», reste d’actualité. Douze années après les sessions de Bertoua en 2010, elle figurait encore ce 15 juin 2022 parmi les nombreux points évoqués dans le communiqué final de la deuxième session de la Commission mixte permanente de sécurité transfrontalière et de la cinquième session de la Commission ad hoc des frontières. L’une des ambitions alors affichées par les deux délégations présentes à Yaoundé est de parvenir à «coopérer et identifier les bornes frontières existantes afin de déceler celles qui sont détériorées, cassées, dessouchées ou déplacées». La recommandation y relative est consignée dans les documents signés et échangés mercredi dernier par le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji et son homologue centrafricain de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Bruno Yapandé.

Démarcation et réaffirmation
Les procès-verbaux des travaux tenus du 13 au 15 juin dernier mentionnent bien que «chaque borne repérée devra faire l’objet d’une fiche d’identification, pour répertorier les éventuels problèmes, reporter au besoin sur un support cartographique et numérique le tracé de la frontière et repérer l’emplacement exact des bornes existantes et les points litigieux recensés».
Et dans le cadre de cette opération de démarcation et de réaffirmation de la frontière commune, la mission conjointe doit s’atteler à «déterminer la méthodologie de matérialisation et évaluer le coût estimatif de matérialisation des frontières, ainsi que les modalités d’exécution des travaux sur le terrain (réfection, layonnage, cartographie, image satellite, reconstruction, réaffirmation, réimplantation et resserrement des bornes géodésiques, etc.». En tout état de cause, la mission doit s’effectuer conformément aux recommandations des programmes frontières de l’Union africaine et de la CEEAC.

La GIZ a à cet effet présenté le projet d’appui au programme frontières de la CEEAC. Celui-ci dispose d’un financement limité à trois ans de 2020 à 2022. Il existe toutefois la possibilité d’un prolongement de six mois jusqu’en 2023, à en croire le Dr Lisa Pech, responsable pays pilotes à la GIZ. D’où la recommandation faite «aux deux États de mobiliser les ressources nécessaires en vue de la réalisation des activités arrêtées de commun accord», a-t-on appris.

Coopération et sécurité transfrontalières
La coopération et la sécurité transfrontalières ont aussi constitué pour les deux chefs de délégation, Paul Atanga Nji et Bruno Yapandé, le fil d’Ariane des travaux couplés de Yaoundé. Au point d’inspirer la plupart des recommandations contenues dans le communiqué final. Notamment: «la mise en œuvre dans les meilleurs délais possibles, des résolutions adoptées à l’issue des réunions tenues à Garoua-Boulaï le 1er septembre 2018 et à Bouar le 16 novembre 2021, entre les ministres en charge de la Défense des deux pays sur la sécurité transfrontalière et celle du 2 au 3 juin 2022 à Ngaoundéré».

Le communiqué final mentionne également «la recherche et le partage de renseignements entre autorités compétentes; le renforcement de la présence des forces de défense et de sécurité sur le terrain de part et d’autre de la frontière; le renforcement de la coopération entre les points focaux nationaux et locaux de lutte contre l’insécurité; l’organisation de patrouilles simultanées et coordonnées; le renforcement de la coopération militaire ou encore la rationalisation et le renforcement des mesures contre le braconnage».

Les experts ont par ailleurs préconisé, dans le cadre de «la promotion de la coopération transfrontalière, la conception et l’exécution de projets susceptibles de promouvoir le développement socio-économique des zones frontalières; la poursuite de l’aménagement de ces zones; et la réduction du nombre de barrières de contrôle sur les principaux corridors de transport».

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