Gouvernance des migrations de main-d’œuvre: le Cameroun au diapason de l’UA

Le lancement national du Projet Action JLMP dédié au développement et à l’intégration en Afrique, s’est déroulé hier à Yaoundé sous la présidence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale.

La gestion des migrations prend du galon en Afrique en général et au Cameroun en particulier. Cette perception se matérialise notamment par le lancement ce 11 mai 2022 à Yaoundé, après le Malawi, du projet ‘‘Actions catalytiques du programme conjoint UA-OIT-OIM-CEA sur la gouvernance des migrations de main-d’œuvre pour le développement en Afrique’’ (Action JLMP). En présidant la cérémonie y relative, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale a indiqué que «l’initiative de la rencontre est louable. Car la disponibilité de compétences est le facteur déterminant pour assurer une croissance économique durable. Étant donné qu’une main-d’œuvre qualifiée et une protection sociale effective des travailleurs migrants, contribuent à la productivité et à la transformation des économies des pays»

Grégoire Owona pense alors au vu de ces enjeux que «le développement et la bonne gestion des compétences doivent être intelligemment planifiés et efficacement mis en œuvre dans le cadre d’une stratégie orientée vers l’émergence». C’est tout l’intérêt du Projet Action JLMP lancé en présence de Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, et des représentants de la Commission de l’Union africaine, de la CEA, du Bureau international du Travail (BIT), de l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), et des ambassades d’Allemagne et de Suisse au Cameroun.

Contours

Le Projet JLMP est lancé en juin 2021 et est mis en œuvre avec le soutien financier de la Suisse et de l’Allemagne. Sa période d’implémentation court jusqu’en décembre 2024 et concerne pour l’essentiel le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Le Cameroun fait ainsi partie des cinq pays retenus par la Commission de l’Union africaine pour bénéficier du Projet. 

Et celui-ci repose sur quatre piliers fondamentaux. À savoir : «le soutien à certains États sur la gouvernance et la réglementation des migrations de main-d’œuvre; l’accès des travailleuses et travailleurs migrants à la protection sociale et à la reconnaissance mutuelle de compétences et des niveaux d’éducation; un soutien fondé sur des données factuelles grâce à une utilisation accrue des données statistiques; le pilotage, la coordination et la mise en œuvre des questions de migration de main-d’œuvre et du JLMP», ont précisé les acteurs.

Atelier

La cérémonie de lancement national du Projet Action JLMP a de fait donné le coup d’envoi de l’atelier de renforcement des capacités des acteurs nationaux sur la gouvernance et l’administration de la migration de la main-d’œuvre. Les travaux s’achèvent ce 13 mai 2022 à Yaoundé. Ils vont permettre entre-temps aux parties prenantes d’être édifiées sur l’ampleur du phénomène migratoire en Afrique, dans la CEEAC et au Cameroun. Il est par exemple prévu de revisiter le cadre normatif global. L’objectif est de voir ce qui peut être amélioré. Et dans ce sens, de faire «des propositions et formuler des recommandations pour le renforcement de la gouvernance de la main-d’œuvre», a expliqué Évelyne Nkeng peh, conseillère en Migration à la Commission de l’Union africaine. Bien plus, les travaux doivent aboutir «à l’élaboration d’une feuille de route devant permettre l’implémentation du Projet avec efficacité et pertinence», a exigé le ministre camerounais du Travail.

Partition du Cameroun

«Le Cameroun se réjouit d’être parmi les cinq pays retenus pour cette série de lancements. Nous exhortons dès lors tous les acteurs camerounais à rester très mobilisés autour de la réussite de ce projet», commence par prescrire le ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss). En se réjouissant également «des engagements fermes de la Suisse et de l’Allemagne», Grégoire Owona a précisé que «le Cameroun quant à lui s’engage à capitaliser ces nouveaux acquis et à œuvrer sans relâche pour l’implémentation et la réussite de cet important projet». À en croire le membre du gouvernement, cela passe notamment «par le renforcement du cadre juridique, l’actualisation et la production de données statistiques sur le marché du travail».

Théodore Ayissi Ayissi

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