Débrouillardise: boom des garderies de motos à Yaoundé

Cette activité a fleuri dans la majeure partie des quartiers de la capitale. Mais ce métier n’est pas sans risques.

Il faut être curieux ou noctambule pour savoir qu’il existe des sociétés de gardiennages de motos dans les quartiers. De 18h à 6h du matin l’intérieur des barrières appartenant aux particuliers, les devantures des boutiques, les bars et les espaces abandonnés servent de garderies pour les engins à deux roues. «Bonas» au quartier universitaire, Damas dans le 3e arrondissement, Ekounou, Ayene, Emombo à Yaoundé 4e Nkomkana 2e arrondiment, Nkolmesseng, dragage dans le 5e, les garderies pullulent. Francis Bengono, anciens président de l’association des mototaxis d’Ayene actuellement reconverti dans le gardiennage fait figure d’expert dans le domaine. «Investir dans les garderies de motos est une activité normale comme les autres, parce qu’elle fait gagner beaucoup d’argent aux investisseurs et même une notoriété. C’est dans notre barrière que je fonctionne», explique-t-il.

Lors d’une immersion dans la garderie de Bengono, une demi-nuit permet de compter pas moins de 60 motos lorsque la montre affiche 23 heures. Ce dernier confie que garder une moto de 18h à 6h du matin coûte 200 FCFA. Mais il tient aussi à préciser «que les prix varies selon les quartiers, il y en a qui vont jusqu’à 500 FCFA».

Sous-location
Du côté d’Ekounou, à 50 mètres du rond-point, une garderie est située en bordure de route en face d’un supermarché. Le propriétaire dit qu’il est dans une sous-location. «Je loue les devantures de ces boutiques juste la nuit et à 6 heures, tout le monde récupère sa moto». Il déclare garder en moyenne 200 motos la nuit, «ce qui me donne en moyenne 40.000 FCFA la nuit et cela me permet de réaliser beaucoup de choses. J’ai déjà construit ma maison à Monti».
Ce jeudi 5 Mai 2022, il est 19 heures et Jean Kenne, propriétaire d’une société de gardiennage située sur la route qui mène à l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), est déjà en poste. Il tient à préciser qu’il existe sur ce tronçon environs 10 structures de protection de motos. «Chaque patron ici garde au minimum 150 motos». Il ajoute que «celui qui vient garder sa moto après 23 heures paye plus. La paie peut aller de 300 à 500 FCFA parce que le risque est grand avec les braqueurs».

Risques
Les propriétaires des garderies qui sont eux-mêmes leurs propres gardiens, sont unanimes que les risques et les dangers sont nombreux. Notamment les maladies, jalousies, agressions et vols. Les vols et les arnaques sont légions dans ce secteur. Bengono dit avoir payé une moto de 600.000 FCFA volée il y a trois mois.

André Gromyko Balla

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