Vie chère: les localités voisines de Yaoundé s’ajustent

Mfou, Soa, Awae, Akono, ainsi que les villages environnants s’adaptent face à l’inflation. Leur secret: retourner à un mode de vie ancien qui tendait à disparaître.

Ils sont obligés de retourner aux modes alimentaires qui étaient basés sur les produits vivriers naturels qu’ils oubliaient déjà. Le facteur déclencheur est le Covid-19 et la crise qui sévit en Ukraine. Dans ces villages non loin de Yaoundé à l’instar de Assok, Mvog Evoundou, situés entre Mfou et Yaoundé, Nfida dans les encablures d’Akono, le constat est le même, comme s’ils s’étaient passé le mot. La consommation locale avec des menus comme le «pwem», la cuisson avec les épices du village ou encore le manioc. Ces tubercules ne sont plus trop exportés vers Yaoundé et la consommation de riz, des boîtes de conserve et autres poissons congelés ont drastiquement diminué. Selon le chef de Nkolmeyang, Sa Majesté Amougou Manga, «les populations n’ont pas de choix et moi-même je suis en train de mettre sur pied un champ avec des cultures multiples», ce qui pourra lui permettre de mieux «gérer la vie chère qui ne fait que commencer» assure le chef traditionnel qui montre l’exemple. Le constat est le même du côté de Ndzié Firi à quelques kilomètres de Mfou sur la route de l’Aéroport de Nsimalen, Etienne Ndi sort de Yaoundé et exhorte sa femme à «recommencer à faire les menus traditionnels parce que le poisson est devenu un aliment de luxe que je ne peux pas acheter. Je recommence à tendre mes pièges pour avoir la viande, c’est mieux», affirme le cinquantenaire.

Côté boisson
À Nkongoa, à 11 kilomètres de Mfou, Madame Ndzié voit sa maison remplie de paysans à la recherche de l’Odontol et elle affirme avoir une forte demande. «J’ai commandé plus de vin blanc pour la fabrication du whisky local». Pour le vin de palme, les vignerons assurent avoir des difficultés à livrer dans la capitale. «Actuellement, je suis accompagné par mes frères du village lorsque je vais à la taille. Même le chef me demande le vin matin et soir, donc je ne livre plus trop à mes clients de Yaoundé », confie Lucas Ekani cueilleur de vin de palme dans le même village. Cette situation est expliquée par le peu de moyens financiers dont disposent les paysans et l’inflation sans cesse galopante ne leur convient pas. Salif, propriétaire d’une alimentation voit ses produits comme le poisson ou le riz ne plus être trop achetés. «Je souffre, mais je me demande comment ils font pour manger. Ils n’avaient plus de champs», dit-il.

Un autre argument est que les populations des zones périphériques de Yaoundé entendent parler d’alimentation biologique. «On nous dit de manger bio pour vivre longtemps, donc je ne vends plus le terrain», assure Jean Ayissi, cultivateur.

André Gromyko Balla

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