Origines du conflit russo-ukrainien

Avec la chute du mur de Berlin le 29 novembre 1989, plusieurs états Communistes d’Europe centrale se sont effondrés. Mais cela ne s’est pas fait sans promesses. L’une des promesses faites par l’Otan et les USA c’était la « Non expansion de l’Otan en Europe de l’Est ».

Voilà pourquoi le 06 décembre 1991 vint le traité de Minsk qui consacrait la CEI (Communauté des États Indépendants). Ces territoires (15 États plus exactement) qui hier faisait partie de l’URSS (Union des Républiques Soviétiques et Socialistes) se sont vus accordés l’indépendance partis lesquels l’Ukraine. 

Tout commence en Novembre 2004, les élections présidentielles opposants Viktor Ioutchenko libéral et pro occidental à Viktor Ianukovitch pro russe. Qui se sont soldés par la victoire de Viktor Ianukovitch qui est donné vainqueur au second tour des élections devant Viktor Ioutchenko. Ce qui a provoqué de grands soulèvements dans le pays ce qu’on a appelé » Révolution orange ». Le résultat de l’élection est finalement annulée par la cour suprême sous fond de soupçon de fraude électorale et un nouveau scrutin est organisé qui donnera la victoire à Viktor ioutchenko qui dès lors commença son rapprochement avec l’Europe de l’ouest (Occident). Cependant les résultats donneront un pays scindé en deux.

En 2004, 07 pays de l’ancien bloc de l’est sur les 15 sont intégrés à l’Otan et au même moment l’union européenne étend son influence en Europe de l’est en incorporant 09 pays de l’ancien bloc soviétique entre 2004 et 2007. Dès lors la Russie comprend qu’elle doit absolument maintenir son emprise sur l’Ukraine. Pour faire pression Moscou augmente le prix du gaz qu’elle vend à son voisin ce qui est coup dur pour Kiev. L’Ukraine se retrouve affaiblit mais continue d’entretenir de bonnes relations avec ses deux voisins russes et occidentaux.

En 2010, au cours des élections présidentielles deux candidats sortent du lot à savoir Viktor Ianukovitch et Lulia Timochenko. Au second tour le candidat Viktor Ianukovitch est déclaré vainqueur des présidentielles, celui-ci décide donc de se rapprocher de la fédération de Russie. C’est ainsi qu’en 2014, il va poser deux actes géopolitique et géoéconomique fort :

1- Il décide de rejoindre le projet Eurasiatique porté par la Russie de Vladimir Poutine au détriment d’une possible adhésion à l’Union Européenne.

2- Il signe de gros contrats commerciaux avec la Fédération de Russie, principalement dans le domaine de l’investissement et de l’énergie contrairement au contrat commercial qui lui avait été proposé par l’occident.

Dès lors, une révolution de couleur est mise en marche par les agences de renseignement de l’Otan qui font éclater sur le sol Ukrainien en 2014 ce qu’on a appelé la « révolution de Maïdan » qui finit par avoir raison du président Viktor Ianukovitch et força celui-ci à quitter le pays pour se réfugier en Russie. Dès cet instant, deux événements majeurs sur le plan de la géopolitique mondiale vont se passer:

1- L’annexion de la Crimée (ancien territoire Russe rétrocédé à la Crimée par le président Kroutchev dans les années 50 plus précisément en 54) par la Russie sous fond de référendum parce qu’il faut le dire au-delà du fait que la population de Crimée constituée à plus de 95% par des Russophones se sentant plus Russes qu’Ukrainien, il faut également rappeler que la Crimée abrite une base navale russe (Sébastopol) en Mer noire qui est une Mer chaude contrairement aux bases de St Pétersbourg et de Vladivostok qui elles sont froides. Cette base navale russe en Mer noire qui donne sur la Mer Méditerranée et donc l’océan Atlantique et Indien donne une large projection à la Marine nationale Russe.

2- La proclamation des RPD (Républiques Populaires du Donbass) qui regroupent les régions de Donetsk et de Louhansk. Rappelons-le que lors de la signature du Pacte de Varsovie, le statut de l’autonomie de ces deux (02) régions en Ukraine avait été soulevé. 

À Partir de cet instant, un conflit armé éclate entre l’Ukraine et les Républiques Populaires du Donbass. D’où la signature des accords de Minsk II en 2015 entre le gouvernement Ukrainien et les chefs séparatistes du Donbass qui s’articulaient autour de deux (02) grands points :

1- Le cessez-le-feu

2- la reconnaissance de l’autonomie des régions du Donbass

Curieusement depuis 2015, le gouvernement n’a jamais respecté ce cessez-le-feu et n’a fait que bombardé les régions du Donbass au point de pousser plus d’un (01) million et demi de personnes à fuir ces régions pour trouver refuge en Russie sans parler des plus de 15 000 morts en date d’aujourd’hui. Disons-le également que les populations des régions du Donbass sont dans leur grande majorité Russophones.

Avec l’arrivée du président Volodymyr Zelensky, la cadence des bombardements de l’armée Ukrainienne dans le Donbass se sont multipliés par 10 avec une catastrophe humanitaire des plus abjectes (Curieusement on voit chaque jour les médias mainstream montrer les bombardements de la Russie en Ukraine mais sans jamais montré ceux de l’Ukraine dans le Donbass par avant). Mais comme si cela ne suffisait pas, celui-ci a remis à la table la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan. 

En janvier 2022, au cours d’une rencontre tripartite entre les USA, l’Otan et la Russie, Moscou arrive aux négociations avec un certain nombre de conditionnalités parmi lesquelles :

1-Que l’Otan s’abstienne de tout nouvel élargissement en Europe de l’est. 

2- La Non-adhésion de l’Ukraine à l’Otan y compris d’autres États 

3- Ne pas mener d’activité militaire (Otan) en territoire Ukrainien ainsi que dans d’autres États d’Europe orientale, du Caucase du Sud et d’Asie centrale.

4- Le Respect des accords de Minsk II 

5- Que les États-Unis ne doivent pas établir de bases militaires dans les pays de l’ancienne Union soviétique non-membre de l’Otan ou développer une Coopération militaire bilatérale avec eux.

Aucune de ces demandes Russes n’ont été prises en compte par l’Occident. Mieux encore, suite à un entretien téléphonique avec le président américain et le Premier ministre britannique, le président Zelensky décide de lancer une offensive militaire pour récupérer les Régions du Donbass. Dès lors, Poutine fait savoir à son homologue Ukrainien qu’une attaque contre les régions du Donbass ne resterait pas sans réponse de la part de la Russie. Voilà comment en février 2022, le parlement Russe (Douma) décide de reconnaître les Républiques Populaires du Donbass et donne à ces citoyens la nationalité Russe. Plus tard donc, la Fédération de Russie après la reconnaissance de ces Républiques signent des accords militaires avec celles-ci intégrant le fait qu’aux prochains bombardements de l’armée Ukrainienne dans les Régions du Donbass, l’armée Russe entrerait en guerre. 

Promis qu’en cas d’attaque de l’Ukraine, l’Occident et l’Otan allait entrer en guerre, le président Ukrainien Volodymyr Zelensky a battu en brèche les avertissements de la Russie et a continué à pilonner l’Ukraine et la suite vous la connaissez tous avec l’entrée en guerre de l’armée Russe face à l’Ukraine qui fait face seule, loin des fausses promesses occidentales d’hier, d’entrée en guerre, et qui se sont transformées aujourd’hui en « sanctions économiques »

NB: Dans ce refus de la Russie de voir les missiles de l’Otan à ses frontières, rappelons également qu’il y a un passif dans le début des années 1960 où l’URSS avait installé des missiles longues et courtes portées à Cuba, ce qui a été très vite dénoncé par les USA qui ont encerclé l’île parce que ceux-ci (missiles) représentaient une menace pour la sécurité de son territoire. Au bout de 13 à 14 jours d’âpres négociations, l’URSS a dû retiré ses missiles de l’île de Cuba. Alors qu’est-ce que l’Otan ne comprend pas sur la menace que représente la présence de leurs missiles à la frontière Russe? 

Où alors quand ça les arrange on peut se permettre de bombarder le Donbass, la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, le Yémen, la Syrie, la Yougoslavie et bien d’autres États encore… Mais lorsque d’autres États usent des mêmes moyens pour se défendre et se protéger, on parle de « respect du droit international? » 

Si le Droit International est devenu l’usage de la force et donc un rapport de force des plus forts sur les plus faibles, apprenons donc que cette guerre en Ukraine aura le mérite de remettre à la table de l’Onu deux (02) choses:

1- La relecture, je dirai même la réécriture du Droit International et son application.

2-la formation d’un monde multipolaire et non unipolaire comme le souhaite l’Occident avec comme seul gendarme les USA.

Par Charly  Kengne 

 

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