«C’est peut être la CAN la plus courue médiatiquement»

Près de 1000 représentants de médias voulaient y être accrédités. Les confrères étrangers sont aussi venus en masse pour cette CAN camerounaise décidément attractive. Ça tombe bien: la compétition est relevée avec des surprises agréables venant des équipes présentées au départ comme de petits poucets. Dommage que certains médias s’attardent surtout sur des faits divers.

Journaliste sportif et auteur.

Emmanuel Gustave Samnick

«Ma liste des 23 meilleurs footballeurs camerounais de tous les temps», tel est le titre de l’ouvrage que vous venez de commettre aux éditions Ndamba. Racontez-nous comment vous est venue l’idée de l’écrire.

Mon idée centrale est de rendre hommage aux nombreux talents en football dont la Providence a gratifié le Cameroun. Au moins à ce niveau, il n’y a pas débat: notre pays est une terre bénie en talents de football. J’ai donc voulu mettre en valeur cet aspect du football camerounais, lequel n’a pas que les côtés négatifs (corruption, concussion, manque de programmation, négligence des compétitions locales, et avant cette CAN, déficit en infrastructures) sur lesquels certains observateurs s’éternisent.

D’emblée, il apparait que vous vous mettez en exergue. Avez-vous oublié que le moi est haissable?
Je ne me mets pas en exergue, mais j’assume mon choix, mon regard sur l’évolution du football camerounais à travers ses légendes. Mon choix de ces 23 meilleurs joueurs de tous les temps ne sera jamais celui de tout le monde. C’est pourquoi j’indique d’entrée que c’est «Ma liste».

Comment expliquez-vous la coïncidence entre la sortie de votre livre et la tenue de la CAN?
Ce livre est prêt au niveau rédactionnel depuis deux ans. J’ai saisi effectivement l’occasion de la venue de la Coupe d’Afrique des nations au Cameroun pour présenter l’ouvrage au public. Il n’y a donc pas «concurrence», mais connivence. L’occasion était trop belle pour être manquée.

Comment catégoriser votre ouvrage? Un travail de journaliste ou de reporter-supporter?
Ce livre est le fruit de mes 30 ans d’expérience dans la presse sportive. C’est une galerie de portraits de grands footballeurs que j’ai côtoyés et interrogés dans mon métier de journaliste, ou que j’ai connus à travers les écrits et divers témoignages.

Sur une ligne de votre CV, l’on remarque que vous avez couvert au moins dix CAN. Est-ce ce qui vous a servi de matériau de travail?
Oui. Ces dix CAN couvertes à l’étranger ont été une belle vitrine pour observer de près certains joueurs camerounais en situation de compétition. Parce que, dans les critères de mon choix, il y a bien sûr le talent individuel des joueurs, mais aussi leur rendement ou leur influence dans les résultats de leurs clubs et de la sélection. C’est pourquoi c’est Alioum Boukar qui a eu mes faveurs comme troisième gardien de buts de l’histoire, lui qui a remporté deux CAN d’affilée dont une bouclée sans le moindre but encaissé (2002) et une médaille d’argent aux Jeux africains.

Vos projets?
Mes projets éditoriaux? D’abord, le retour en kiosque dès la fin de cette CAN de mon hebdomadaire spécialisé « LActu-Sport », avec la perspective de la reprise heureuse des compétitions nationales. Côté livres, sachez que j’ai deux autres manuscrits bouclés pendant l’année du confinement pour cause de pandémie de coronavirus (2020), qui devraient être édités avant la fin de cette année 2022. L’un est un recueil de mes chroniques (politique, culture, économie, sport, faits divers…) publiés dans divers journaux nationaux et internationaux depuis deux décennies; l’autre porte sur une triste réalité du football africain. Deux autres sont en chantier: on en reparlera le moment venu.

Quel est votre regard sur la couverture de la CAN 2022?
C’est peut être la CAN la plus courue médiatiquement: près de 1000 représentants de médias voulaient y être accrédités. Les confrères étrangers sont aussi venus en masse pour cette CAN camerounaise décidément attractive. Ça tombe bien: la compétition est relevée avec des surprises agréables venant des équipes présentées au départ comme de petits poucets. Dommage que certains médias s’attardent surtout sur des faits divers.

Avez-vous des conseils pour la jeune génération de journalistes sportifs de notre pays?
Je leur demande de vivre leur passion sainement. On ne peut pas couvrir le sport sans aimer le sport, sans connaître ses règles et son environnement. Mais il faut garder la distance entre le reporter et le supporter, et ne pas faire des sources d’information des alliés de la connivence coupable.

Quel est votre meilleur souvenir dans la couverture des CAN?
Ma CAN la plus marquante professionnellement, ce fut ma première en 1998 au Burkina Faso. J’envoyais les articles manuscrits par fax à Mutations. Et c’est dans un cybercafé de Ouagadougou que j’ai ouvert ma première boîte mail. La plus accomplie fut celle de 2002 au Mali.

Qu’est-ce cela vous fait de vivre en retrait la CAN dans votre pays?
Je suis plus relax, même si en tant que membre d’une commission du Cocan je dois répondre à diverses sollicitations de médias accrédités. Mais je n’ai plus la pression du bouclage de l’envoyé spécial d’un quotidien. Mais comme je vous en ai fait la révélation, ce n’est que partie remise. Je suis journaliste à vie.

Interview menée par Thierry Ndong Owona et Jean-René Meva’a Amougou

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