Abidjan 1984 : Cameroun, génération fou, fou, foot

En terre ivoirienne, les Lions Indomptables ont pu imposer leur label.

Abidjan 1984, c’est le choix de la CAF en remplacement du Malawi qui avait jeté l’éponge quelques mois après avoir été désigné. Félix Houphouët-Boigny, le président de la Côte d’Ivoire se veut à la hauteur de l’organisation. La compétition s’annonce bien plaisanter surtout que deux ans auparavant, la CAF a révolutionné quelques lignes de son règlement : décidé de ne plus limiter à deux le nombre de « pros » dans chaque équipe et les professionnels évoluant en Europe sont venus très nombreux renforcer les sélections. « À l’époque, il n’y avait que 8 équipes qui pouvaient prendre part à la grand-messe du foot africain. En 1984, une équipe a crevé l’écran, il s’agit de celle des Lions Indomptables du Cameroun avec des joueurs hors normes qui allaient écrire les plus belles heures du football camerounais. L’édition 84 de la CAN a vu l’éclosion de joueurs comme Roger Milla, Joseph-Antoine Bell, Isaac Sinko, Ernest Ebongué ou encore Théophile Abega », relève Daniel Anicet Noah.

De l’avis de cet ancien reporter de Radio-Cameroun, cette fabuleuse génération de Lions va survoler la CAN 1984 grâce à un jeu limpide, organisé et très chatoyant. « En finale, se rappelle le journaliste retraité, les autorités ivoiriennes ont décrété l’accès gratuit car le public depuis l’élimination des Éléphants a boudé les stades. Le duel Cameroun-Nigeria offre une belle affiche, les deux formations rivalisant d’efforts. Le métier et la classe des Bell, Milla, Ebongué, Abéga, Kundé et Cie auront raison de l’enthousiasme des Green Eagles (3-1). Le Cameroun, douze ans après son échec à domicile, s’impose avec une équipe dont on n’a pas fini de parler .Roger Milla et ses coéquipiers se hisseront jusqu’en finale où ils affronteront le Nigéria de Stephen Keshi et Rashidi Yekini. La finale se jouera à sens unique et les Lions Indomptables vont surclasser les Super Eagles (3-1). Grâce à sa talentueuse génération, le Cameroun remportera son tout premier sacre continental ».

En Côte d’Ivoire, l’Afrique tout entière a également assisté à l’avènement d’une remarquable génération de joueurs camerounais qui va engranger de nombreux succès. Thomas N’Kono, le gardien de but camerounais, avait été l’une des grandes révélations de la Coupe du monde 1982 où il n’avait pas encaissé le moindre but. Devenu professionnel à l’Espanol de Barcelone, il avait disputé les deux premiers matches de la Coupe d’Afrique contre l’Égypte et le Togo avant d’être rappelé par son club pour une importante rencontre de championnat. Joseph-Antoine Bell, son remplaçant, avait si bien su saisir sa chance contre la Côte-d’Ivoire que les responsables camerounais lui avaient maintenu leur confiance pour la demi-finale malgré le retour de N’Kono.

Heureuse initiative ! En multipliant les prouesses, il ne s’est pas contenté de décourager les attaquants algériens, mais il a assuré la qualification de son équipe en tirant lui-même le coup de pied au but décisif contre son homologue algérien Mehdi Cerbah. Une magnifique revanche pour Bell qui n’a jamais accepté la supériorité présumée de N’Kono. Face à une équipe algérienne posant bien le jeu avec des techniciens comme Ali Fergani, Lakhdar Belloumi ou le racingman Rabah Madjer avant de placer de dangereuses accélérations, les Camerounais, solides en défense, ont toujours su répliquer du tic au tac grâce au tranchant et à l’opportunisme de leur capitaine, Théophile Abega, et des deux Bastiais, Mbida et Roger Milla.

Le 18 mars 1984 à Abidjan, le Nigeria et son équipe composée exclusivement de joueurs issus du championnat local affrontent en outsider le Cameroun et ses stars. Les Lions Indomptables, surpris, sont dépassés. Henry Nwosu, la perle du New Nigerian Bank, file sur la côte gauche et centre en retrait. Bell se déchire. Le vétéran Muda Lawal, héros et vainqueur de la CAN 1980, qui a suivi, pousse au fond des filets (1-0, 11e). Les Aigles verts dominent les débats. Jusqu’à la demi-heure de jeu. Ils seront rapidement rattrapés, puis battus par une équipe camerounaise plus forte. Trois buts de Ndjeya (à la 32e minute), Abega(à la 79e minute) puis Ebongué (à la 84e minute) permettent aux Lions Indomptables de remporter la première de leurs cinq CAN.

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