Pont sur l’Oubangui et corridor 14 : La CEEAC à l’offensive sur le terrain de la libre circulation

L’institution sous-régionale a pris part en mi-décembre dernier à Bangui au lancement d’une phase importante du projet CD14, dont l’objectif est la facilitation des transports, du commerce et du transit le long des deux corridors routiers Bangui-Kisangani-Kampala et Kisangani-Bujumbura.

Le pays organisateur de la 33ème édition de la Coupe d’Afrique des nations pourra, dans un avenir proche, être facilement rallié par route par des personnes venant de la République Démocratique du Congo (RDC) ou de l’Afrique l’Est (Burundi et Ouganda). Le Cameroun devra pour cela attendre que le projet baptisé Corridor 14 (CD14) se concrétise et que la République Centrafricaine (RCA) soit connectée à ces trois pays. Plusieurs indices montrent que l’attente ne sera pas longue.

Gilberto Da Piedade Verissimo (président de la Commission de la CEEAC) a en effet été associé par le président centrafricain, Faustin Archange Touadera, au «lancement du projet des études techniques et institutionnelles du Pont sur la rivière Oubangui et l’aménagement des chainons manquants des corridors routiers Bangui-Kisangani-Bujumbura et Kisangani-Kampala». La Commission de la CEEAC en charge de la coordination générale précise en plus dans un communiqué que le projet d’études en question «marque le premier jalon pour la mise en marche effective du projet dénommé Corridor 14 en abrégé CD14)».

Composantes
Le projet CD14 est conçu pour l’essentiel autour de quatre composantes. Le président de la Commission de la CEEAC y fait figurer «la construction du pont sur la rivière Oubangui entre les villes de Bangui en RCA et Zongo en RDC; l’aménagement et la réhabilitation des routes Bangui-Zongo-Kisangani-Kampala et Kisangani-Bujumbura, y compris les principaux ouvrages de franchissement le long du corridor; la facilitation du transport, du commerce et du transit sur les corridors Bangui-Zongo-Kisangani-Kampala et Kisangani-Bujumbura; et la sécurité routière sur les corridors Bangui-Zongo-Kisangani-Kampala et Kisangani-Bujumbura».

Le Rapport d’avancement du projet au 10 décembre 2021 indique en outre que le projet porte aussi sur «le renforcement des capacités, la gestion du projet, l’organisation d’une table-ronde des bailleurs de fonds et sur un audit».

État d’avancement
Le discours du responsable communautaire a notamment permis de se faire une idée précise de l’état d’avancement de la mise en œuvre du projet. Et à date, on est mesure de dire que «le projet est à la phase de lancement des études techniques et institutionnelles… qui contractuellement doivent durer 12 mois». Le dirigeant sous-régional en a alors profité pour «inviter le consultant en charge des études non seulement au professionnalisme, mais aussi à la célérité et au respect des délais». Pour Gilberto Da Piedade Verissimo en effet, «ce serait l’une des conditions à la concrétisation du projet de construction effective du pont».

S’agissant cependant du pont sur la rivière Oubangui, plusieurs activités sont déjà réalisées. Il s’agit par exemple de: la «publication de l’avis à manifestation d’intérêt pour la réalisation des études en date du 30 août 2019 après la non-objection de la Banque en date du 12 juin 2019; et la préparation du dossier de demande de propositions (DDP) et TdR d’études de faisabilité technique et institutionnelle: la demande de non-objection transmise à la BAD le 9 mars 2020 par DHL».
Le Rapport permet également de savoir qu’il y a eu «la préparation du dossier de demande de propositions (DDP) et TdR d’études de faisabilité technique et institutionnelle: demande de non-objection transmise à la BAD le 9 mars 2020 par DHL; et que le rapport d’établissement sera présenté au CTM par le consultant le 15 décembre 2021 pour sa validation; posant ainsi le premier jalon de l’étude».

Études
La récente cérémonie était donc «l’occasion de la remise officielle du site au Groupement de bureaux d’études italo-centrafricains AIC Progetti SpA et le Crayon Sarl». Il s’agit, sur la foi des indications fournies par le président de la Commission de la CEEAC, du «consultant recruté, suite à une consultation internationale ouverte, chargé de la réalisation des études techniques et institutionnelles de la construction du pont sur la rivière Oubangui, ouvrage de franchissement très important qui doit relier les deux villes de Bangui, en République Centrafricaine, et Zongo, en République Démocratique du Congo d’une part».

D’autre part, le Groupement de bureaux d’études va également se charger d’effectuer «des études d’avant-projet sommaire de 2700 km de routes dont la plupart sur le corridor n°14 (CD14) du Plan Directeur Consensuel des Transports de l’Afrique (PDCT-AC), adopté en janvier 2004 par la Conférence des chef d’États et de gouvernement de la CEEAC», a relevé Gilberto Da Piedade Verissimo dans son discours.

Financements
Pour concrétiser ce projet intégrateur visant la facilitation des transports, du commerce et du transit le long des deux corridors bénéficiaires, l’appui financier de la Banque africaine de développement (BAD) a une fois plus été sollicité. Et de fait, «le financement des études est assuré grâce à l’accord de financement signé le 23 juillet 2019 entre la CEEAC et la BAD pour un montant de 3.000.000 de dollars US».

Dans le détail, on apprend de la Commission de la CEEAC que le «montage financier attribue 2.000.00 dollars US à titre de don par la BAD, octroyé sur les ressources du Fonds spécial du Mécanisme de financement de la préparation des projets d’infrastructures du Nepad (FPPI-NEPAD) et 1.000.000 dollars US au titre de la contribution des quatre États bénéficiaires à raison 250.000 dollars US (8,35%) par État».

Deux éléments sont importants à relever à ce niveau. Primo, «la date de clôture du don de la Bad était fixée au 30 juin 2021 et a été prorogée à fin mars 2022». Secundo, «en plus des fonds de contrepartie, les quatre États ont convenu de mobiliser chacun 110 000 USD pour les besoins financiers de démarrage de projet», indique le Rapport d’avancement du projet. Le document précise également que «les États de la RCA, du Burundi et de la RDC ont mobilisé respectivement 110.000 USD, et 55.000 USD et 110.000 USD, soit un montant de 275.000 USD sur 440.000 USD attendus : 62.50%».

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